Les surdités , différents types d’appareillages :

    audioprothèses,

    BAHA,

    implants de l’oreille  moyenne,

    ► implant cochléaire

 

Pratique

    Conseils pour un premier appareillage

    ► Financement des aides auditives (nouvelle mise à jour en novembre 2007)

    ► Exemple de devis à faire remplir par votre audioprothésiste

    ► La boucle magnétique un « plus » pour votre appareils auditifs

    ► Aides techniques associées

    ► Conférence d’octobre 2002 à Marseille

    ► Témoignages

 

    Technique

         

    Performances actuelles des audioprothèses et perspectives

    ► Les appareils numériques ont souvent une fréquence d'échantillonnage de 12 à 14 KHz

         et  un codage de 12 à 16 bits nettement insuffisant pour un son de qualité.

        Informez vous sur  le son numérique !

   

    Textes règlementant la vente des appareils auditifs

 

     Rapport du Conseil national de la consommation relatif aux prothèses auditives

    ► Avis du Conseil national de la consommation relatif aux prothèses auditives

    ► Extrait de l'arrêté d'avril 2002  Texte officiel

    ► Texte de l'arrêté d'août 2004  

  

   Revendications de notre fédération

 

     Extraits de la plateforme de revendications du Bucodes sur les audioprothèses

    ► Pétition sur l'amélioration des remboursements à renvoyer au Bucodes

 

   Réflexions

      

    ► lettre au courrier des lecteurs journal Le Monde

    ► Pour une moralisation du prix de l'appareillage auditif

 

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- introduction de J. Schlosser  :

- Intervention du Dr Sihol :

             -l’implant cochléaire

             -l’implant de l’oreille moyenne

             -l’implant à ancrage osseux (BAHA).

 

- intervention de Mme Aubert Audioprothésiste

             -l’appareil auditif, la démarche de l’appareillage.

 

-Témoignages :

             - Ginette (appareil auditif)

             - Myriam (implant de l’oreille moyenne)

             - Bernard (BAHA)

        -Fabienne (implant cochléaire et appareillage classique).

 

-Questions – Réponses


 

Introduction  par J. Schlosser, Président de Surdi13

Quelques réflexions

 

La surdité en France, concerne au moins 7 % des personnes dans les pays industrialisés, soit 28 millions sur 1 milliard. C’est un marché important.

Chaque année, il se vend entre 5 et 9 millions d’appareils auditifs.

Nous sommes 4 millions de déficients auditifs en France : 2,2 surdité légères; 1,2 surdités moyennes; 0,6 sévères ou profondes.

Bien sûr, et heureusement, les surdités légères sont plus fréquentes,

Les surdités sévères sont corrigées à 50 % seulement, les moyennes à 20 % et les légères à 10 %.

Peut-être que cela a évolué, ces chiffres datent d' il y a trois ans.

On compte 600 à 900 000 porteurs d’audioprothèses en France.

Dans notre région en appliquant ces pourcentages, on a quand même un nombre important de gens avec une surdité légère, 220 000, 130 000 en surdité moyenne, 37 000 en surdité sévère et 12 000 personne en surdité profonde.

Il y a environ 300 000 appareils auditifs vendus en France par an, deux fois moins que dans les pays nordiques.

En 2003, en France, il y a eu 5,3 appareils vendus pour mille habitants, 8,3 en Allemagne et dernière nous l’Italie et l’Espagne.

La France semble dans la moyenne, mais nous sommes derrière l’Autriche, la Suisse, la Belgique, la Hollande, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande.

Ces pays font beaucoup mieux que nous dans l’adaptation des  audioprothèses.

Peut-être les appareils sont-ils  trop chers ou mal pris en charge, ou plus mal adaptés dans nos pays ?

Il est vrai qu’on observe des résultats peu satisfaisants et que les appareils sont peu remboursés.

C’est un investissement très important....

 

Parlons de l’appareillage auditif classique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’un point de vue associatif, voilà le type d’appareil que l’on préfère, c’est un appareil avec un micro directionnel qui permet de se débrouiller dans le bruit, un appareil avec un bouton de sélection des programmes qui permet de passer d’un programme à un autre, un réglage de volume et surtout un interrupteur qui permet de passer en position T.

Dans ce cas, elle peut être disponible sur tous les programmes puisque, en position T, on peut changer de programme.

Les appareils marchent avec une pile et il y a un micro pour prendre le son et puis un haut-parleur, un écouteur qui vous restitue le son.

Pour nous la question c'est toujours : comment agir sur les fabricants pour conserver toutes ces options ?

Ce n’est pas facile.

On voit des options disparaître et on essaie de nous convaincre que c’est ieux mais c’est comme si on cherchait à nous convaincre qu’une voiture sans marche arrière, c’est beaucoup mieux.

Ou bien encore, on pourrait dire qu'une une voiture dont on ne peut plus ouvrir les fenêtres puisqu’il y a l’air climatisé c'est beaucoup mieux.

Dans les appareils auditifs, on a un peu cette impression qu’on veut nous supprimer des options qui nous rendent beaucoup de services.

Maintenant du côté des audioprothésistes.

Nous essayons de mettre en place une charte de qualité.

L’aspect coût et prix, on a eu en 2004 un arrêté qui a fixé des prix pour les audioprothèses, ce n’est pas des prix imposé, mais des prix de référence qui servent pour rembourser les appareils aux enfants de moins de 20 ans.

On a vu des Sites pour la Vie Autonome, qui s’occupent des financements, qui ont repris ces chiffres comme des chiffres de référence, c’est-à-dire qu’ils ont pu refuser des devis trop chers.

Si vous avez des difficultés pour financer vos audioprothèses, ici à Aix, pour tout le pays d’Aix, vous pouvez faire appel au s.v.a au Centre d’action sociale de la mairie, qui peut vous permettre de rechercher tous les financements possibles.

En même temps, l’assistante sociale vous demandera plusieurs devis avant de faire un choix. C’est intéressant puisque cela vous oblige à aller voir plusieurs audioprothésistes avant de vous décider.

Les remboursements en France n’a pas bougé depuis 20 ans (sauf prise en charge de la 2ème oreille depuis 2002). L’audioprothésiste pourra vous en dire plus, mais c’est pour vous signaler que cela a régressé considérablement en pourcentage car en 20 ans les prix ont été multipliés par 3 ou 4.

On a maintenant une nouvelle loi sur le handicap depuis février 2005 et on voit les premiers arrêtés sortir.

Ce serait des forfaits qui prendraient en compte les remboursements de la Sécurité sociale, peut-être pas les remboursements de la mutuelle, je ne sais pas.

Il faut savoir qu’il y a d’autres choses à faire financer comme des téléphones adaptés, il y a des financements qui se mettent en place au niveau du département, c’est fixé par le département puisque le gouvernement s’est un peu défaussé auprès des départements pour mettre en place cette loi.

Il devra y avoir une Maison départementale des personnes handicapées qui devrait se mettre en place. Donc se renseigner auprès du Centre d’action sociale de la mairie d’Aix.

Concernant le prix, vous pouvez trouver des prix d’audioprothèses très variés. Faites bien le tour avant de vous décider. Ce n’est pas les audioprothésistes les plus chers qui assurent le meilleur service. Renseignez-vous bien.

 

Vous trouverez sur notre site toutes sortes d’informations, notamment des informations sur l’appareillage auditif, mais aussi sur les aides techniques, la lecture labiale, le vécu du malentendant avec beaucoup de témoignages.

Le thème d’aujourd’hui, c’est :  à chaque surdité sa solution.

 

- Vous savez qu’il y a la chirurgie des osselets, pour traiter les surdités de transmission.

Il y a la prothèse conventionnelle qui couvre pratiquement toutes les surdités, elle s’applique aux surdités de perception et de transmission. Je vais laisser la parole au docteur Silhol qui va vous parler maintenant.

 

- Mme Silhol :

Je suis le docteur Silhol, phoniatre, je travaille au centre d’implantation cochléaire à Marseille.

On m’a demandé de parler des appareils, notamment de l’implant cochléaire, ainsi que de l’implant d’oreille moyenne et de la BAHA.

Il y a deux grands types de surdité : la surdité de transmission et la surdité de perception.

La surdité de transmission concerne l’oreille externe et l’oreille moyenne et la transmission aérienne du son jusqu’à l’oreille interne.

La surdité de perception concerne ce qui vient à partir de la cochlée et les voies neurologiques jusqu’au cerveau.

Ensuite, il y a les différents niveaux de surdité qui sont la surdité légère, la surdité moyenne, la surdité sévère et profonde.

Je reviendrai aussi là-dessus dans mon propos.

On voit là sur le schéma les surdités de perception, ce sont celles qui commencent ici et qui vont jusqu’au cerveau, et les surdités de transmission, qui concernent l’oreille externe et moyenne ici.

Les surdités de transmission, cela concerne cette partie-là de l’oreille ; et les surdités de perception à partir de là jusqu’au cerveau.

C’était aussi pour montrer comment cela se manifeste sur un audiogramme.

Les surdités de transmission, on a une courbe osseuse, elle montre que l’audition est normale et ici la courbe aérienne montre une déficience car il y a une surdité de transmission qui concerne donc la première partie de l’oreille.

Ici, une surdité de perception où les courbes osseuse et aérienne sont collées.

Et ici c’est une surdité mixte car il y a une baisse de la courbe osseuse et également ici la courbe aérienne qui montre un décalage avec la courbe osseuse.

Je reviens à mon exposé personnel.

 

L’implant cochléaire, d’abord, qu’est-ce que c’est ?

retour

 

C’est un système palliatif qui concerne les personnes sourdes profondes ou sévères.

Au début, ce n’était que les personnes sourdes profondes avec une perte égale à au moins 90 dB.

Maintenant, les surdités sévères sont aussi concernées, peuvent être concernées par l’implant cochléaire.

Il faut aussi bien considérer quel est le gain prothétique qu’ont ces personnes avec une prothèse conventionnelle.

Il s’agit de faire la preuve que le gain est insuffisant, qu’il y a une trop grande distorsion  donc un trop grand inconfort et donc une trop faible intelligibilité.

C’est-à-dire que, malgré l’amplification, on n’a pas une intelligibilité suffisante pour que ce soit confortable.

L’objet de l’implant cochléaire, c’est de contourner la fonction cochléaire et permettre d’avoir une audition à 30 dB sur l’ensemble des fréquences qui vont de 180 Htz à 8 000 Htz.

On voit un peu sur ce schéma. (Diagramme)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous voyez un appareillage externe et ensuite l’électrode placée dans la cochlée.

Il se compose d’un dispositif externe et d’un autre interne.

Le processeur externe transmet le message codé au récepteur interne par radiofréquence.

Cette partie est aimantée avec une partie interne et c’est par-là que se transmet le son jusqu’à la cochlée, et ensuite sur la voie nerveuse.

Voici l’appareillage interne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est  mis en place chirurgicalement. Il comporte un porte-électrode, un récepteur placé sous la peau et l’intérieur communique avec l’extérieur avec un système d’induction en contact avec la partie interne par un aimant.

Avant d’accepter de faire cette opération, il y a un bilan de pré-implantation. Une équipe pluridisciplinaire composée de phoniatres, de psychologues etc. propose un bilan pour apporter l’information nécessaire pour que la personne puisse prendre sa décision, pour évaluer aussi les contre-indications éventuellement à l’opération.

Il y a un scanner doublé d’un IRM pour détecter des malformations qui interdiraient l’opération.

Il s’agit d’un geste courant pour un ORL chirurgien.

On procède à une ouverture de l’os de la mastoïde pour entrer l’électrode dans la cochlée et placer  le récepteur  sous la peau.

La durée d’hospitalisation est courte. Elle est suivie de prise d’antibiotiques.

Il ne s’agit pas d’un son naturel. Ce n’est pas aussi naturel qu’avec une prothèse conventionnelle. Le son est analysé et retransmis après. Donc il existe un traitement du signal. L’objectif est d’accéder à une meilleure intelligibilité de la parole. On ne retient le son qu’entre 30 et 60 dB.

Le son est comprimé et numérisé. On le découpe en bandes fréquentielles.

Il y a plusieurs types de stratégies de codage.

C’est une combinaison entre une bonne reconnaissance des fréquences des sons et une rapidité du traitement qui permet une bonne intelligibilité de la parole.

Le réglage de l’implant : chaque personne subit des réglages après l’opération. Cela doit être fait subjectivement en fonction de chaque personne. C’est une partie plus longue que dans des prothèses conventionnelles.

La première série de réglages se fait 4 à 6 semaines après l’intervention. Quand on le fait plus tôt, souvent, on revient plus sur les réglages. Donc à Marseille, on a établi que c’était un mois après.

On fait une recherche des paramètres les plus adaptés, selon le type de surdité.

Ensuite, on détermine les seuils perceptifs pour chaque électrode. On demande subjectivement aux personnes de reconnaître les sons pour qu’on puisse avoir la plus petite quantité d’énergie que l’on doit délivrer pour que la personne ait une sensation auditive.

Ensuite, on recherche le seuil de confort, c’est-à-dire le son le plus fort confortable que l’on puisse utiliser.

Ce sont des éléments de base que l’on utilise tout le temps.

Au début, la première semaine, on fait 3-4 séances rapprochées, puis ce sera une fois par mois, deux fois par mois, puis cela s’espacera en fonction de la personne et des résultats. Puis, ce sera une fois par an qu’on vérifiera si tout va bien.

Concernant l’appareillage controlatéral, on propose aux personnes de porter leur appareillage conventionnel sur l’autre oreille car on trouve que l’audition est meilleure. On implante maintenant des personnes qui ne sont pas sourdes totales, et donc on peut avoir sur l’autre oreille un certain gain prothétique qu’il paraît intéressant d’utiliser.

Le fait d’avoir une stéréophonie, car l’implant ne se met que sur une seule oreille parce que déjà c’est trop cher, mais aussi parce que mettre une électrode dans une cochlée peut léser les zones cochléaires avec lesquelles l’électrode est en contact. Ce n’est peut-être pas vraiment le cas, on fait des recherches là-dessus. C’est vrai qu’avec les avancées technologiques actuellement, on préfère garder une oreille non opérée pour pouvoir éventuellement appliquer et utiliser les différentes avancées techniques qui peuvent arriver après.

Donc on n’appareille qu’une oreille et c’est intéressant de pouvoir porter la prothèse conventionnelle sur l’autre oreille. Cette prothèse conventionnelle, c’est bien meilleur pour la localisation de la source sonore, pour comprendre dans un milieu bruyant, extraire la parole qui nous intéresse. Cela permet également un plus grand plaisir d’écoute, y compris des sons environnants quand on a deux oreilles appareillées.

On a noté également qu’il y a une amélioration du gain prothétique avec la prothèse conventionnelle observé après quelques mois d’utilisation de l’implant cochléaire, chez les enfants comme chez les adultes.

Cela permet d’avoir deux fois le message, donc d’avoir une meilleure compréhension.

Le gain prothétique, en deux mots, c’est : quelle est la valeur de l’oreille corrigée une fois qu’elle a la prothèse ? C’est la différence entre la valeur de la surdité et la valeur avec prothèse.

Sur l’éducation auditive, essentielle, qui est peut-être moins souvent pratiquée avec la prothèse conventionnelle, mais qui est remis au goût du jour avec l’implant cochléaire, on utilise les principaux  formants  du son. On le fait en s’intéressant à tous les sons.

On peut utiliser chez les adultes les sons du langage, un travail de discrimination, d’identification en utilisant un support visuel au départ. C’est un travail d’orthophonie.

On peut aussi faire un entraînement au téléphone, ce n’est pas inutile.

L’entraînement se fait sans la prothèse controlatérale.

Le financement : c’est variable en fonction des centres en France. C’est l’hôpital qui prend en charge à Marseille l’implant cochléaire et son appareillage et les séances de réglage qui ont lieu après l’implantation.

L’implant d’oreille moyenne :

retour                                          c’est une prothèse à fonctionnement électromagnétique. Elle s’adresse à des surdités modérées, c’est-à-dire des surdités plutôt légères et moyennes peu importantes, en particulier les surdités très en pente sur les aigus qui entraînent des effets Larsen importants, aussi dans le cas de lésion de l’oreille externe, et après échec d’un appareillage conventionnel.

NDLR: l'implant d'oreille moyenne a une bande passante plus large et va plus loin dans les aigus.

Quelles sont les limites ? Il faut que l’oreille moyenne soit normale. Il ne faut pas que ce soit une surdité de transmission. Il ne faut pas non plus qu’il y ait des problèmes au niveau rétro-cochléaire. Il faut que le nerf auditif transmette le message parfaitement ensuite. Il faut que la discrimination soit parfaite aussi. On doit avoir plus de 50 % d’intelligibilité. Il faut qu’il y ait une capacité de récupération qui soit de 50 % déjà pour qu’on puisse s’adresser à ce genre d’implant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a un dispositif externe et interne, donc un appareillage externe constitué d’un petit boîtier, le processeur. Il est aimanté et communique à travers la peau avec la partie interne qu'il stimule par induction. Il abrite des micros, des piles, et les circuits électronique.

 L’appareillage interne, cela ressemble à un implant cochléaire, mais cela ne va pas au même endroit. Le récepteur est placé sous la peau, comme l’implant cochléaire.

Le transducteur (grossi ici) est clipsé sur l’enclume.

On voit le petit boîtier derrière le pavillon sur l’os.

Le financement se fait sur le même principe, comme pour l’implant cochléaire. C’est un budget hospitalier. La prise en charge est complète pour l’instant.

Ce n’est pas exclu qu’un jour, les personnes aient à financer elles-mêmes la partie processeur externe.

 

Le BAHA :

retour         il repose sur l’ostéo-intégration : la capacité qu’a l’os à conduire le son  comme un objet métallique, et donc la cochlée est stimulée par la voie osseuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est une prothèse conventionnelle qui fonctionne par vibration osseuse. La transmission de la vibration de l’os se fait par le pilier métallique mis en place chirurgicalement. (Diagramme)

La partie là est la vis en titane qui s’intègre à l’os car elle génère la fabrication d’os autour, dans laquelle on vient mettre un pilier, dans laquelle on vient clipser cette partie-là qui est le boîtier externe qui permet la génération de la vibration. Donc le son est pris et est amplifié, et la vibration est transmise à la partie interne qui est la vis.

Classiquement, il s'adresse aux surdités de transmission, donc celles qui concernent l’oreille moyenne, en remplacement des prothèses conventionnelles par voie osseuse.

On a pu voir les indications devenir plus importantes puisqu’on a une extension des indications. Il ne faut pas qu’il y ait trop de perte au niveau de l’oreille interne, certaines surdités neurosensorielles pures avec de faibles pertes, la condition nécessaire est jusqu’à 60 % avec une prothèse conventionnelle.

La vis en titane, le pilier traverse la peau, et un vibrateur externe qui assure la transmission des sons par conduction osseuse. La cochlée va être stimulée directement  par voie osseuse et transmettre l’information sur les voies nerveuses auditives jusqu’au cerveau.

Le financement : l’intervention chirurgicale est prise en charge par l’hôpital. L’appareillage     externe doit être acheté par le patient et c’est très mal remboursé. Il faut faire appel à des secours particuliers de la Sécurité sociale pour essayer d'avoir de meilleurs remboursement.

Le tips enfant est de 900 euros et celui de l’adulte de 200 euros. Et cet appareil coûte dans les 3 000 euros, voire un peu plus.

 

- Quand on a une audiométrie avec appareillage avec moins de 30 % d'intelligibilité, on peut envisager l’implant cochléaire. Quand le score est supérieur à 50 % mais avec impossibilité d’appareillage, on peut penser à un implant d’oreille moyenne.

Se pose la question de ce qu’on fait. Entre 30 et 50 % d’intelligibilité, on va réfléchir à l’avantage de l’appareillage conventionnel, parfois l’implant cochléaire. On peut aller vers l’appareil bi-modal, c’est-à-dire pour une partie l’implant cochléaire et une autre l' appareillage conventionnel.

Merci de votre attention.

 

- J.Schlosser Merci beaucoup pour cette intervention, je passe maintenant  la parole à Mme Aubert audioprothésiste.

 

- Bonjour à tous. Merci d’être venus si nombreux.

Je suis Françoise Aubert, audioprothésiste à Pertuis.

Je vais essayer de répondre aux questions que vous vous posez sur l’appareillage classique qui a mauvaise presse en ce moment.

La perte auditive, c’est quelque chose de très gênant, pour vous et pour l’entourage. Il y a des solutions, elles sont individuelles. On ne pourra pas en parler aujourd’hui car chacun est un cas particulier et il faut qu’il le reste, mais on va pouvoir voir comment cela se passe déjà au niveau de l’appareillage.

Dans un premier temps, on va parler de la démarche de l’appareillage. Ensuite, on parlera de l’appareillage chez l’audioprothésiste, des résultats qu’on peut éventuellement en attendre, des coûts de l’appareillage, et des appareillages auditifs aujourd’hui.

Je fais une petite parenthèse parce que vous avez parlé de quelque chose d’intéressant. Si les fabricants suppriment beaucoup les options, c’est dans un souci de discrétion, c’est ce qui nous est demandé à nous, audioprothésistes. Et aussi parce que les techniques d’implant deviennent vraiment intéressantes pour des surdités importantes et donc nous aurons peut-être seulement la prise en charge du malentendant à ses débuts. Pour les surdités plus sévères il faut choisir d’autres appareils qui seront plus adaptés à ces cas-là.

La démarche de l’appareillage : quand faut-il s’appareiller ? Déjà, il y a un petit questionnaire tout simple que chacun peut se poser comme question : fait-on répéter son entourage ? Augmente-t-on le son de la télévision ? Avez-vous l’impression d’entendre mais de ne pas comprendre ? Si vous avez déjà répondu oui au moins une fois, il est peut-être temps de vous inquiéter de votre audition.

D'abord,il y a la visite chez l’ORL, il établir un diagnostic précis du problème après avoir fait un audiogramme (mesure auditive qui permet d'évaluer la perte).

Ensuite, vous consulterez l'audioprothésiste de votre choix.

On va classifier de quatre façons: la perte auditive légère (20-40db),moyenne (40-70db), sévère (70-90db) et profonde (sup. à 90db).

On peut aussi comprendre cela comme la capacité plus  importante à percevoir les sons de faible intensité et à comprendre la parole en milieu bruyant. Les sons, on peut avoir l’impression de les entendre, mais la parole c'est ce qui nous pose problème et c’est là-dessus qu’il faut axer la correction auditive.

Qui est l’audioprothésiste ? Que va-t-il vous proposer ?

Au premier rendez-vous, l’audioprothésiste va évaluer les besoins auditifs en accord avec le médecin. Il va poser un certain nombre de questions pour savoir quelle est la correction auditive la mieux adaptée. Il vous accompagnera tout au long de votre démarche. C’est quelque chose d'important  pour que cela se passe bien. Il faut voir régulièrement son audioprothésiste.

Ensuite, après avoir analysé vos besoins, il va refaire un audiogramme tonal, vocal, un test de tolérance au bruit. Il envisagera avec vous la forme de vos appareils auditifs. Il faut exiger un devis avec les conditions d’essai de la vie courante, et pas seulement dans le cabinet de l’audioprothésiste.

Le choix de l’appareil : on a tous tendance à avoir envie de quelque chose de discret, mais ce n’est pas forcément la meilleure solution. Cela dépend de la forme de vos conduits auditifs, de vos besoins, de votre budget. Tout cela sera pris en considération pour choisir le bon appareillage. Une prise d’empreintes sera faite pour le moulage de l’embout.

Au deuxième rendez-vous, on vous remet l’appareil et on vous apprend à vous en servir. Il y a quelquefois des petites retouches, c’est du sur-mesure.

L’audiométrie tonale et vocale n'est pas faite dans un but clinique, mais pour la recherche de l’amélioration auditive possible, et aussi pour les prérèglages des appareils auditifs. Chaque fournisseur a un logiciel dans lequel il y a une première base qui permet de définir quelles seront les corrections auditives à apporter. (NDLR: malheureusement ce n'est pas standardisé).

On fera également une audiométrie post-prothétique, qui permettra de vérifier l’efficacité des appareils auditifs.

Le troisième rendez-vous permet de vérifier si l’appareillage vous convient, si la compréhension est bonne : il y a peut-être une indication d’un autre type d’appareillage si la prothèse conventionnelle ne joue pas son rôle.

Dans ce cas il y a la possibilité de restituer le matériel qui vous a été prêté s’il ne convient pas.

Il faut vraiment qu’on n’entende plus la phrase de « l’appareil qui reste dans le tiroir ».

Si vous avez des essais dans de bonnes conditions, vous pouvez avoir un bon appareillage. Il ne faut pas acheter un appareil s’il ne vous convient pas.

Les résultats :

Les bénéfices de l’appareillage : de meilleures relations avec la famille, un meilleur équilibre mental, un sentiment de sécurité.

Tout à l'heure vous aurez une dame qui viendra témoigner de ce qu’elle a ressenti avec l’appareillage, c’est son expérience, elle en parle très bien, c’est intéressant de savoir comment cela s’est passé pour d'autres.

Les déceptions, il ne faut pas penser que cela restitue une audition normale. On n’a pas la prétention par un système électronique de restituer l’audition de ses 20 ans.

D’abord parce que certains facteurs sont liés à l’âge, on a moins de réflexes, moins de mémorisation, on se fatigue plus vite. Et si on a attendu trop longtemps pour se faire appareiller, l’adaptation est plus complexe.

L’utilisation de l’appareillage : si on ne l’utilise pas de façon régulière, on ne peut pas s’y adapter. Il ne faut pas que cela reste quelque chose d’externe, un corps étranger. Il faut absolument le porter régulièrement pour en prendre l’habitude et pour se rééduquer à cette nouvelle écoute.

Le coût : sujet brûlant.

Le prix : c’est un peu impropre ce mot, car quand on achète un appareil, on n’achète pas uniquement un appareil auditif. On vous laisse le matériel à l’essai, cela a un coût. Les différents réglages nécessaires pour le bon fonctionnement de l’appareil aussi.

Les tests audiométriques  sont aussi compris dans ce prix-là. Et puis il y a toutes les visites.

Il y a deux catégories d’appareillage : les appareils analogiques. Je n’aime pas le mot prothèse, car cela va dans le sens d’un remplacement d’un membre. Cela va de 450 à 1 150 euros. Un appareillage numérique est plus cher, cela va jusqu’à 2 800 euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remboursement : 199,71 euros. Ces montants ont été transformés à partir du montant en francs, c’est pourquoi il y a des centimes.

Pour les enfants, jusqu’à 20 ans, ils sont entièrement remboursés sur les bases du Tips.

Les adultes atteints de cécité ont droit à un remboursement quasi total de l’appareillage, de la même façon que les enfants.

Il y a une allocation annuelle d’entretien pour les appareils, qui permet de couvrir l’entretien, les piles.

Les implants consomment davantage de piles et ce montant n’est pas du tout intéressant pour les personnes avec un implant.

Avant, les piles étaient au mercure et avaient une durée de vie constante.

Avec les problèmes d’environnement, on n’a plus le droit d’utiliser ces piles. Les nouvelles piles sont moins bonnes dans la durée.

Il y a une prise en charge de l’appareillage à un taux de 343,60 euros, je crois. en tant que

prestation exceptionnelle, on peut demander cette aide exceptionnelle sous condition de ressources aux caisses locales.

Les anciens combattants, article 115, si la surdité a été décelée comme une invalidité due à l'activité militaire… Ce n’est pas tous les anciens combattants.

Les travailleurs handicapés : il y a des aides par l’AGEFIPH.

Et les mutuelles complémentaires : plus on paie cher, meilleur est le remboursement.

La gamme d’appareils auditifs analogiques tend à disparaître par rapport aux appareils numériques qui permettent une meilleure qualité acoustique.

On ne va pas entrer dans le détail.

Il existe plus de 15 marques actuellement sur le marché, je ne suis pas là pour faire la pub de l’un ou de l’autre, chaque fournisseur a un peu ses spécificités, les uns pour des surdités légères, d’autres pour des pertes plus importantes.

Il y a des appareillages de type ouvert, cela donne un grand confort car il n’y a pas d’effet d’occlusion.

La gêne principale du début d’appareillage, c’est la sensation d’obstruction du conduit auditif.

Les intra-auriculaires, ou les contours, il y a énormément de paramètres et il faut bien en tenir compte pour faire ce choix.

Vous avez votre mot à dire, bien sûr, mais il faut faire confiance à l’audioprothésiste, il y a certaines contraintes, notamment de forme d’oreille, et aussi suivant l’utilisation que vous voulez en faire.

Le contour d’oreille, c’est le « préféré ».

Il est placé derrière le pavillon, relié à un embout auriculaire moulé sur mesure.

Il peut être utilisé pour des surdités légères à profondes,  quasiment toute la gamme des surdités.

Il permet une adaptation sur la plupart des pertes auditives et une utilisation spécifique dans les situations acoustiques difficiles comme l’utilisation de la touche T qui permet d’entendre ce que je dis et pas le voisin qui froisse un papier.

L’appareillage en embout ouvert allie l’esthétique et le confort à une technologie de pointe.

Il nous a permis d’appareiller des gens qui jusqu’à présent n’étaient pas appareillables.

Les micros : micro directionnel, cela veut dire qu’il y a un deuxième micro qui peut être enclenché , cela permet soit une écoute « grand angle »,soit un effet directionnel comme un zoom d’appareil photo,  avec une captation plus grande de la parole.

Différents programmes d’écoute : vous avez éventuellement un petit bouton qui permet d’enclencher différents programmes d’écoute : dans le calme, conversation, dans le bruit, un meilleur rendu de la musique.

La position T permet de capter la conversation mais pas les bruits ambiants.

Et l’anti-larsen, c’est un système de coupure de fréquences perturbantes qui engendrent le larsen.

C’est ce sifflement que l’on peut percevoir quand l’appareil est mal réglé ou mal positionné.

Les accessoires, ce sont des systèmes fm où le malentendant appareillé va profiter du son de l’orateur, avec une retransmission par ondes radio, sans fil, et directement dans le récepteur FM connecté à l’appareil auditif.

Il y a des kits mains libres pour les utilisateurs de portables.

Et les casques à infrarouges pour la télévision, des sonneries avec des flashes visuels, des systèmes vibrants d’oreiller, de montre, qui permettent des signalements aux personnes.

La conclusion : cela fait vingt ans que j’exerce et les comportements sont en train de changer. Il y a une réelle amélioration des appareils auditifs.

Les gens témoignent plus volontiers et c’est souvent des personnes appareillées qui viennent me voir en disant : « Il y a Mme Untel ou M. Untel qui est très content, que pouvez-vous faire pour moi ? »

C’est quand même agréable car il y a quelques années, on avait des appareils qui convenaient à tout le monde et à personne: ils donnaient peu de satisfaction mais les gens devaient s’en contenter car il n’y avait rien d’autre.

La miniaturisation de l’électronique a permis des progrès.

Faire la demande de s'appareiller c'est d'abord une réflexion en famille, avec son médecin, puis avec l’audioprothésiste.

Voilà, je crois que j’ai tout dit.

 

- - J.Schlosser  Merci beaucoup, on va écouter maintenant le premier témoignage.

 

- Bonjour je suis Ginette, j'habite Cucuron, je vais avoir 79 ans, j'ai dû m'appareiller. En 1959, j'ai subi un traitement avec un antibiotique, la strepticine, qui a abîmé mes oreilles.

J’avais également un problème d'un point de vue génétique, j’entendais mal à l’école, mais le médecin m’a dit : si vous étiez en vacances, vous entendriez mieux ?

J’ai continué à mal entendre.

J’étais mal dans ma peau.

En 1959, j’ai eu la tuberculose, donc un traitement antibiotique, ma perte auditive a augmenté.

Aujourd’hui, je suis venue vous dire le bonheur d’avoir été appareillée.

C’est vraiment un bonheur, j’entends des bruits, même il y a deux jours je me suis dit : « Tiens, je ne connaissais pas ce bruit. »

Je fais beaucoup de randonnée, j’avais l’impression qu’on avait supprimé les oiseaux des forêts.

Je suis appareillée depuis quatre ou cinq ans, je remercie Mme Aubert.

On se sent infirme, on répond à côté, on se plie en quatre, on se moque de vous, gentiment, mais quand même.

Je pense qu’un sourd n’est pas aimé.

On accepte un aveugle, quelqu’un qui a mal à la jambe.

Un sourd qui fait répéter une fois, on n’est pas content. Quand on demande à faire répéter deux fois, on nous envoie sur les roses.

On se recroqueville, on se met dans un coin. Pour les conférences, je me mettais devant, je n’entendais rien. Ni même au cinéma.

Je ne pouvais pas prendre part aux conversations.

On se met dans un coin et on est là comme un santon.

Les personnes qui ne sont pas appareillées doivent dès lundi courir chez un audioprothésiste.

Et vous verrez que votre vie va être merveilleuse.

Moi, je vis, je suis une battante car j’étais malheureuse de ne rien entendre.

C’est merveilleux.

Vouloir, c’est pouvoir ! Parce que, si vous ne voulez pas, vous resterez sourd toute votre vie.

Mais il faut vouloir et on va dire : « Cela va se voir. » Je m’en fous, au moins j’entends.

J’ai tous mes moyens pour vivre, malgré mes 79 ans.

 

- J.Schlosser Voici maintenant le témoignage sur l’implant d’oreille moyenne.

 : « Je m’appelle Myriam, j’ai 51 ans, je suis atteinte d’otospongiose depuis l’âge de 18 ans, je suis appareillée depuis l’âge de 27 ans.

Ma surdité est devenue sévère, puis très sévère.

Il y a trois ans, j’ai déménagé à Montpellier et j'ai dû trouver un nouvel audioprothésiste.

Je voulais changer d’appareil, mais il m’a parlé de l’implant d’oreille moyenne.

Le professeur Mondin à l'hospital Guy de Chaullac m’a expliqué en quoi consistait l’intervention. J’ai subi de nombreux examens, dont une IRM.

J’ai subi une opération sous anesthésie générale. Je suis sortie avec des soins infirmiers à domicile.

On a laissé mon oreille au repos pendant six semaines, puis une équipe est venue faire les réglages de l’implant. L’audioprothésiste était présent à chaque réglage.

La qualité du son est complètement différente et se rapproche vraiment d’une oreille normale.

Je n’ai plus rien dans le conduit, plus de démangeaisons, le vent, cette fois, je l’entends sans le souffle du contour.

Par contre, la partie aimantée, le gros bouton, m’a joué des tours.

Il se collait aux portières, c’est passé avec l’habitude.

Tout comme les bons vieux appareils, il faut éviter la pluie et le soleil.

Ensuite, j’ai eu très peu de réglages, le tableau était idyllique.

Mais j’ai perdu l’audition de l’oreille droite il y a trois mois.

Ma maladie a évolué et j’ai subi une intervention sous anesthésie locale.

La vis n’avait pas bougé, les tests ont montré une panne de l’implant, ce qui est très rare.

Je vais subir une nouvelle intervention pour qu’on me mette un nouvel appareillage.

J’y  vais sans aucune appréhension.

Du sang peut empêcher la transmission du son dans l’oreille.

Pour l’autre oreille, je n’ai que la solution de l’implant cochléaire.

Je suis à votre disposition si vous voulez plus de renseignements sur mon expérience, l’association vous communiquera mes coordonnées si vous le désirez.

Bien à vous tous, Myriam. »

 

- J.Schlosser Voici maintenant le témoignage de Bernard  qui a un BAHA.

« A la suite d’otites chroniques et d’un neurinome de l’acoustique, je n’entends plus que par un seul nerf auditif.

Avant, je portais des lunettes auditives à conduction osseuse.

Elles étaient lourdes et faisaient mal au crâne.

J’ai subi une opération avec la pose d’un encrage dans le crâne, la vis qu’on vous a montrée, et donc  avec un pilier dépassant de la peau.

Il a fallu attendre trois mois pour que l’implant soit bien installé dans l’os avant d’installer l’appareil.

Le BAHA, c’est un vibreur qui est clipsé sur le pilier.

C’est très léger, on ne le sent pas, le réglage est très simple, il amplifie bien, c’est simple, c’est solide.

Les inconvénients : cela peut tomber, cela peut s’arracher, notamment en enlevant un chandail ou quand quelqu’un le touche.

On peut mettre une sécurité avec un fil épinglé sur les habits.

C’est analogique, pas numérique, il n’y a pas de position T.

Actuellement, le BAHA vient de se vendre à Cochléar, qui a créé un nouveau modèle, Divino.

Celui-là a la position T et c’est un numérique, j’aimerais bien l’essayer. »

 

- J.Schlosser : Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre dans la salle qui désire témoigner par rapport à l’appareil classique, le BAHA, l’implant d’oreille moyenne ou l’implant cochléaire ?

 

- Fabienne : Bonjour.

J’ai 41 ans. En fait, j’ai toujours été malentendante depuis toute petite mais je m’en suis rendu compte à 20 ans.

Petite, j’étais très littéraire, je donnais l’impression de rêver.

C’est en licence d’anglais qu’on s’est rendu compte que je répétais n’importe quoi en labo de langue.

J’ai fait des tests, on s’est aperçu que j’avais une perte auditive importante.

J’ai eu un intra à gauche puis  deux contours d’oreille à 21 ans qui ont résolu bien des problèmes mais, malgré une certaine volonté de ma part, cela n’a jamais été très satisfaisant dans la mesure où la position T n’a jamais fonctionné, donc les conférences, le cinéma, la télé, impossible sans sous-titre.

Plus de quatre autour d’une table, je ne comprenais plus rien.

Et donc j’ai été très isolée.

Depuis cinq ans, cela a empiré et ce n’était plus du tout satisfaisant, plus de travail, plus rien.

Au printemps 2005, une audioprothésiste de Gardanne m’a dit qu’elle avait du mal à m’appareiller et c’est elle qui m’a pris rendez-vous avec le professeur Triglia à Marseille pour un implant cochléaire.

Il m’a dit que, comme je ne suis pas sourde profonde, avec 80 % de surdité, je n’étais pas forcément la bonne candidate. Mais quand on a fait les tests, on a envisagé l’implant cochléaire.

J’ai été implantée le 28 novembre dernier,  quatre jours d’hôpital, aucun souci.

On m’a branché l’implant le 9 janvier.

C’est… C’est un peu difficile, pour moi, mais tous les gens qui s’occupent de moi, l’orthophoniste, les régleurs, ils trouvent que je me débrouille très bien.

Aujourd’hui, j’ai tout bien compris, donc j’ai un sentiment de soulagement.

Néanmoins,les appareils, ce sont des palliatifs, on ne sera jamais normo-entendant, c’est clair.

Et je trouve, (je vais voir beaucoup de forums d’implantés cochléaires),que la vie n’est pas toujours facile: les intempéries, le vent, les piles qui tombent souvent en panne au cours d’une conversation importante tout cela, c'est quand même lourd à porter.

J’espère pouvoir bientôt aller au cinéma et recevoir des personnes autour de ma table.

De toute façon, quand il y a un problème, il ne faut pas rester seul, et essayer de tester toutes les solutions.

Une vous conviendra certainement et vous apportera un confort de vie.

 

- J.Schlosser : N’oubliez pas de rejoindre une association. Les gens qui sont sourds oublient qu’il y a des associations au sein desquelles elles vont trouver des renseignements pour améliorer leur vie,  des conseils pour choisir un audioprothésiste, et et des renseignements sur tous les aménagements qui existent pour  leur permettre de bien vivre.

C’est un message à transmettre, on existe sur Aix. Cela peut apporter une aide précieuse...

 

 Nous allons maintenant passer aux questions

Question à propos de l’implant cochléaire : dans le cas d’un adulte pour lequel l’implant cochléaire est prescrit, quel serait l’avantage de deux implants par rapport à un implant et un contour ?

Réponse - L’idée générale en prothèses conventionnelles, c’est d’être appareillé des deux cotés pour avoir une stéréo.

Cela dépend du gain de l’autre côté et si la correction avec la prothèse conventionnelle peut apporter un confort d’écoute.

En France on implante que d'un côté, il est testé dans certaines villes, l’implant bilatéral, mais cela reste peu répandu et plus expérimental pour l’instant. Pourquoi, d’abord, c’est très cher, et deuxièmement, parce que, quand on met à l’intérieur de la cochlée le ? électrode, il y a un risque  très grand de tuer les restes auditifs.

C’est pourquoi on reste très prudent pour l’instant.

 

Question : - En cas d’appareillage, peut-on aller à la piscine ?

Réponse :- Oui, si on les enlève. C’est de l’électronique au même titre qu’un appareil photo ou radio, il ne faut pas qu’il soit dans l’eau.

L’eau ne fait pas très bon ménage avec l’électronique et un appareil ne peut pas  être complètement fermé.

L’appareil ne va pas dans l’eau.

Pour l’implant, il n’y a pas de problème, c’est simplement la partie externe qui doit être enlevée.

 

Question:- Si la perception est encore normale, faut-il appareiller ?

R - S’il y a une baisse supérieure à 40 db de moyenne sur une partie des fréquences de 500 à 4 000 Htz, je pense que cela vaut le coup d’être essayé. Tout à l’heure, vous me demandiez si j’avais des hypothèses sur les raisons pour lesquelles les personnes ne portaient pas leurs prothèses ou n’étaient pas appareillées, il y a certainement le coût qui n’est pas négligeable, du coup les gens sont appareillés tard. Si on ne met pas un appareillage suffisamment tôt,  on va avoir plus de difficultés à s’adapter aux sons de l'appareil.

Je serais assez d’accord pour vous conseiller, si votre médecin vous a prescrit un appareillage, de vous dire de faire l’essai. Il y a tellement d’évolution que cela peut être suffisamment confortable.  Une surdité qui arrive  à partir d’un certain âge, a de fortes chances d’évoluer. Donc il vaut mieux s'appareiller le plus tôt possible.

 

- J.Schlosser Nous conseillons de s’équiper de toutes sortes de matériels qui ne sont pas chers pour bien entendre la télévision, entendre des discussions pour déjà maintenir l’habitude d’entendre. Cela commence bien avant les 40 db de perte. Il faut commencer aux 30 db à s’inquiéter pour maintenir son audition le plus possible en activité. C’est l’aspect rééducation auditive sur lequel nous insistons énormément. Si l’appareil permet d’avoir une meilleure audition dans toute votre vie courante, vous serez ravi et cela peut vous transformer la vie complètement, mais il faut faire l’effort d’essayer, c’est sûr.

 

- Madame dit qu’il faut accepter le bruit, et que, quand elle a fait ses premiers essais d’appareillage, elle a découvert que dans la salle, il y avait beaucoup de bruit et qu’elle n’était pas habituée à cela, qu’il faut un certain temps pour s'habituer.

 

Question – J'ai une surdité due à l’otospongiose depuis vingt ans, j'ai eu trois opérations, une opération complètement ratée à l’étranger, et deux opérations à Béziers qui ont apporté des résultats, mais j'ai quand même du porter des  contours d’oreilles.

L’audition se dégradant et entendant parler de ces implants, ma surdité étant de 80 % je crois en moyenne, j’envisageais un implant, l’un ou l’autre, d’oreille moyenne ou cochléaire. L’ORL que j’ai consulté m’a dit : vu l’état des oreilles après les opérations, il n’est pas envisageable de penser à des implants quelconques.

Quand vous avez fait état d’opérations d’implants, peut-être n’ai-je pas entendu, mais vous n’avez pas évoqué l’état des oreilles déjà opérées.

- On est dans le cas d’une otospongiose, une perte à 80 %. Peut-on proposer un implant d’oreille moyenne ou s’orienter vers un implant cochléaire ?

 

Réponse- L’implant d’oreille moyenne n’est pas indiqué car la perte est trop importante. L’implant cochléaire pourrait être envisagé avec cette perte auditive-là, mais s’il s’agit d’une otospongiose, il est difficile de placer une électrode à l’intérieur de la cochlée. L’origine de la surdité étant l’ossification de la cochlée, on a du mal à placer une électrode. Il existe des façons d’intervenir qui permettent parfois de positionner une électrode, donc je serais tentée de reposer la question ou de poser la question à un centre d’implantation pour avoir une réponse.

(NDLR: le scanner et l'IRM de la cochlée permettent de voir si l'implant cochléaire est envisageable.)

 

- Merci. Je pensais que l’otospongiose n’affectait que l’oreille moyenne.

 

- Non. Il existe des otospongioses d’oreille moyenne, c’est la plus répandue, mais elle peut être de la cochlée car elle s’étend jusqu’à la cochlée.

- J.Schlosser Il est rare qu’il n’y ait pas d’atteinte à la cochlée, même si elle est minime.

 

Question - L’implant d’oreille moyenne sur l’enclume n’est-il pas envisageable ?

On a entendu parler de gens qui voulaient placer un vibrateur sur l’enclume. Avez-vous un avis ?

 

Réponse - Non, pas vraiment, mais cela peut être indiqué dans certains cas. Je ne suis pas une spécialiste des implants de l’oreille moyenne et des BAHA.  Cela a été étudié.

 

Question - Quel est votre rôle en tant que phoniatre dans les surdités ?

 

Réponse - Qu’est-ce que la phoniatrie ? J’ai fait des études médicales, et un diplôme de phoniatre qui me permet de m’occuper des problèmes de langage écrit et oral.

En ce qui me concerne, je me suis plus dirigée vers quelque chose de plus particulier qui est la surdité. Je travaille en particulier pour l’implant cochléaire, je travaille aussi dans un service de déficience auditive où on s’occupe de prise en charge des enf