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Intervention du Docteur Deslandres
questions reponses du Docteur
Deslandres
(mars 2004)
Témoignages sur cette méthode
ðFrançois
ðValérie
ðJacqueline
ðPaulette
Communiqué de presse
Surdi13
prête à ses adhérents des "audiophones"
pour la réeducation auditive : (nous contacter)
Intervention Dr Deslandres
▲haut
de page
Bonjour
Mesdames, bonjour Messieurs, Bonjour tout particulièrement à ceux que je
connais déjà et merci à ceux qui ont organisé cette rencontre.
Je me présente,
je m’appelle Dominique Deslandres ORL. Je travaille habituellement à Dijon
mais régulièrement je vais à Cachan où je m’occupe du «centre Audition et
Langage » géré par l' "Association Ecoute et Parole".
Je m’étais engagé
à être parmi vous, malheureusement les manifestations qui encadrent la
Journée Nationale de l’Audition sont nombreuses et leur téléscopage ne m’a
pas permis d’être présent aujourd'hui; aussi je serai présent par la vidéo
et bien sur par la pensée pour vous parler de la rééducation auditive.
Je vous demande
toute votre indulgence : je ne suis pas technicien de la vidéo, j’ai fait ce
que j’ai pu. Toutefois, je dois préciser que pendant l’exposé vous me verrez
quasiment en permanence afin que ceux qui doivent utiliser la Lecture
Labiale puissent me voir articuler. Il y aura aussi quelques plans de coupe
qui annonceront le plan ou le chapitre où nous nous trouverons. Le
commentaire ne fera que reprendre l’image qui apparaîtra à l’écran.
A la suite de
cet exposé et du témoignage d'un homme dont la rééducation remonte à trois
ans, vous aurez encore des questions à poser. Adressez-les à votre
Association qui me les transmettra et je répondrai dans la revue Résonnance.
C’est
généralement parce qu’un déficient auditif n’est pas assez satisfait par ce
qui a déjà été fait pour lui, ou par ce qui lui a déjà été proposé, qu’il
nous demande de l’aide.
Nous lui
proposons alors une prise en charge globale qui fait appel à toute
une batterie de moyens adaptés pour compenser au mieux le handicap. Parce
qu’il est volontaire, le déficient auditif va apprendre, par utilisation au
quotidien des moyens que nous lui donnons, à gérer son handicap plutôt qu’à
le subir. Ceci lui permettra d'en minimiser ultérieurement les conséquences.
La prise en
charge de la surdité nécessite la participation de trois partenaires.
Ainsi le
déficient auditif va être amené à rencontrer le Médecin ORL,
l’Audioprothésiste et l’Orthophoniste Ce n’est pas obligatoirement dans
cet ordre que cela se passera.
Pour adapter au
mieux la prise en charge au besoin particulier de chaque cas, il faut bien
entendu faire un bilan et ensuite procéder selon le plan que je vous
indique.
Le Bilan
est en fait double, en effet il consiste d’une part à apprécier les
capacités auditives c’est l’examen audiométrique qui va faire le constat de
l’état fonctionnel.
Il faut connaître
les besoins pour savoir, compte tenu de ce qui a déjà été fait, ce qui reste
encore à faire pour répondre au mieux aux exigences de la vie.
Ce bilan va
permettre l’élaboration d’un programme de prise en charge. Ce
programme développe des actions dans trois directions différentes :
Les
conseils de vie
: c’est le
médecin qui les prodigue en première attention, puis ils seront repris par
l’orthophoniste et l’audioprothésiste.
Après les
conseils de vie il y aura :
L’appareillage auditif
quasi incontournable ; sa réalisation est le fait exclusif de
l’audioprothésiste.
Enfin il peut y
avoir la stimulation auditive ; elle est réalisée sous le
contrôle de l’orthophoniste. Elle consiste à optimiser la capacité à
entendre et à développer la discrimination. C’est cette stimulation
auditive qui va être le principal point de cet exposé, même si elle ne prend
pas beaucoup de place dans ce tableau.
Le bilan commence
en même temps que la prise de contact : le déficient auditif va parler de
ses déboires et de ses espoirs. Pas besoin de poser beaucoup de questions
pour qu’il vous raconte tout le chemin qui a déjà été parcouru.
Il y a deux
remarques qui reviennent souvent : "les Prothèses Auditives ce n’est pas si
génial" ensuite "on me laisse bien sur me débrouiller tout seul". Il est
indispensable de laisser le Malentendant vider son sac, car on a besoin de
tout savoir de lui, de tout connaître pour ensuite répondre à ses
interrogations et le guider au mieux.
Alors viendra
le Bilan d’Etat (c’est le bilan fonctionnel de l’audition) au
cours duquel, bien souvent, nous recommencerons l’audiogramme non pas pour
additionner et multiplier des éléments que le patient a déjà collectés mais
surtout pour pouvoir le compléter : souvent les fréquences 3000 HZ et 6000
HZ qui n’ont pas été testées ; il nous faudra les connaître.
En plus de cet
audiogramme on réalisera une impédancemétrie et le réflexe stapédien ce qui
permettra de connaître le niveau de tolérance.
Tous ces tests se
font en sons purs, malheureusement en sons purs ; ces sons purs n’existent
pas dans la nature. Ils apportent des renseignements tout à fait
insuffisants sur la valeur fonctionnelle de l’audition mais ils permettent
de faire un diagnostic topographique du niveau où se situe la surdité. Aussi
il est indispensable par ces tests de détecter l’éventuelle cause qui peut
nécessiter un traitement médical ou chirurgical. En effet, il ne faudra pas
laisser évoluer une cause éventuellement curable ou éventuellement
dangereuse (Otospongiose, une otite chronique, un cholestéatome, aussi bien
sur une tumeur sur le nerf auditif) d’où la nécessité parfois d’enregistrer
aussi les potentiels évoqués, de faire de l’Imagerie : Scanner ou IRM ;
Le Bilan
Audiométrique vocal
permettra
d’apprécier les valeurs résiduelles de l’audition. Selon les cas, et selon
l’importance de la surdité, les tests comporteront des listes de sons (pour
les surdités les plus légères), des listes de mots (pour les surdités
moyennes) des listes de phrases pour les surdités importantes.
Et puis ces tests
pourront être réalisés avec ou sans lecture labiale, ils pourront être
réalisés aussi avec ou sans amplification. En ce qui nous concerne, lorsque
nous utilisons une amplification il s’agit d’un amplificateur qui
sélectionne des fréquences sur lesquelles nous voulons insister.
Le bilan
des besoins
est un peu particulier car il doit rechercher 2 choses : d’abord les
conditions de vie actuelles du patient pour savoir si, ce dont il
dispose, lui permet d’y répondre suffisamment ou pas ; mais aussi il faudra
connaître les souhaits du patient, ce qu’il voudrait pouvoir faire,
de façon à y répondre au mieux.
Le Bilan Auditif
et le Bilan des besoins permettent de déboucher sur le Projet de Prise en
Charge qui, rappelons le, repose sur 3 axes.
-
les
conseils de vie,
-
l’appareillage auditif,
-
la
stimulation auditive,
ces trois axes
peuvent être exploités isolément, mais le plus souvent conjointement de
façon synchrone ou successivement.
La prise en
charge:
Commençons par
les conseils de vie : les conseils de vie sont généralement prodigués
par le médecin, puis éventuellement repris et développés par
l’audioprothésiste et l’orthophoniste.
Avant d’optimiser
les conditions d’écoute et d’avoir recours à des artifices acoustiques il
faut adapter les comportements. Cette adaptation concerne autant le
malentendant que son entourage.
Conseils
pour le malentendant
Il faut lui
apprendre à regarder son interlocuteur, ce qui lui permettra d’acquérir et
de développer les possibilités de lecture labiale ; qu’il se place de façon
à ce que son interlocuteur soit bien visible et qu’il se trouve sous un bon
éclairage.
Cependant, il ne
doit pas cacher sa déficience auditive. Même si ce n’est pas facile, cet
aveu incitera son partenaire à faire un effort. Un appareillage auditif
aussi ne se cache pas, un aveugle a bien une canne blanche et tout le monde
lui vient en aide.
Conseils
pour l'interlocuteur
Et maintenant
qu’un interlocuteur sait qu’il converse avec un malentendant que peut-il
faire ? Il y a 5 règles
La première est
d’abord d’appeler le malentendant pour capter son attention mais
aussi son regard ce qui facilitera la lecture labiale, donc il l’appelle.
Ensuite il se
déplace, si nécessaire, pour que son visage soit sous un bon éclairage.
Il faut parler
normalement, à peine plus lentement, ne pas forcer l’articulation mais
la respecter.
Il faut faire
des pauses ce qui laisse au malentendant le temps d’avoir recours à la
suppléance mentale pour reconstruire la phrase ou des éléments de phrase
qu’il n’a pas bien entendus.
Et enfin, si une
phrase n’est pas bien comprise il faut savoir la répéter avec d’autres
mots.
Se trouver face à
un interlocuteur est une chose mais dans la vie, le malentendant va se
trouver confronté à la radio, au téléphone, à la télévision ; là il faut
l’aider et des réglages vont faciliter l’écoute.
Le principal
étant de privilégier les aigus , de privilégier les fréquences avant de
mettre la puissance. Ce n’est pas parce que c’est plus fort que c’est
meilleur. C’est souvent parce que c’est plus aigu que c’est plus
intelligible . (la plupart du temps la perte auditive correspond à une perte
sur les aigus, et dans la parole se sont les aigus qui sont les plus
faibles.
Donc
privilégier les aigus, pour cela on peut utiliser des écouteurs
piézo-électrique qui ont un meilleur rendement sur les aigus que sur les
graves. De plus les écouteurs piézo-électriques sont généralement légers et
plus agréables à porter.
Si la TV n’a pas
de réglages de fréquences on peut sortir par la prise Péritél pour rentrer
dans la chaîne HIFI laquelle est équipée des réglages possibles.
Que ce soit
l’acquisition d’un casque ou d’un téléphone, il faut toujours demander au
vendeur de bien vouloir procéder à des essais. Il faut sortir l’appareil de
son emballage . C’est souvent une cause de refus, mais là il faut faire
intervenir vos associations, et les associations en retour sauront orienter
les acheteurs vers des commerçants qui acceptent de sortir le matériel de
leur emballage.
Il faut avoir
recours aux aides à l’audition, ces aides, toutes les aides à l’audition
d’ailleurs ne sont pas des aides auditives ; ce peuvent être un téléphone
amplifié, une sonnerie supplémentaire pour le téléphone, ce peuventt être
aussi des flashs, un signal lumineux, la présence d'un vibrateur sous
l’oreiller par exemple pour se réveiller.
Deuxième étape de
la prise en charge, c’est l’Appareil Auditif ;
C’est une étape
incontournable
Beaucoup la
recule au plus tard possible mais trop reculer c’est souvent une erreur,
plus on attend plus l’adaptation est difficile. Ce qui rend le résultat
souvent décevant, tout du moins dans un premier temps.
Mais
l’acceptation psychologique d’être appareillé n’est qu’un des obstacles.
Le coût en est un
autre, la restitution de l’environnement sonore ; le champ fréquentiel
insuffisant, sont des raisons de mécontentement. Expliquons le
Pour qu’un
appareillage soit au mieux il est indispensablement stéréophonique Dans ce
cas là le coût est multiplié par 2 et certains n’ont pas la possibilité de
faire un tel effort même si depuis 2002 la Sécurité Sociale a décidé de
participer pour les deux oreilles.
La stéréophonie
permet la localisation de la source sonore.
Lorsqu’il s’agit
d’un interlocuteur ça permet de diriger immédiatement son regard vers celui
qui parle et donc d’utiliser la lecture labiale en plus de l’audition.
Quand on équipe
les deux oreilles, globalement il y a besoin de moins de puissance et si on
met moins de puissance on amplifie moins les bruits de fond. Donc pour une
même compréhension de la parole on aura une meilleure discrimination et on
sera moins gêné par le bruit. Car c’est bien cette restitution de
l’environnement qui pose beaucoup de problèmes. Il faut plusieurs mois, on
dit souvent de 4 à 6 mois pour se réhabituer à entendre l’environnement
sonore que tout normal entendant accepte.
L’audioprothésiste va souvent être amené à faire des réglages progressifs ce
qui fait qu’au départ il n’y a pas assez d’intelligibilité de la parole
justement pour ne pas avoir trop de bruit de fond.
On a notablement
amélioré le matériel en filtrant les bruits sans dénaturer la parole. Le
traitement numérique du signal est un progrès incontestable. Ce n’est peut
être pas une panacée, toujours est-il que les appareils sont maintenant de
mieux en mieux tolérés.
Mieux tolérer
veut-il dire plus efficace ? c’est un problème. En effet le champ
fréquentiel restitué par l’appareil est nettement inférieur que celui
utilisé par la parole , les meilleurs appareils donnent une amplification
utilisable de 5000 Hz, la parole monte à 11000 Hz. Et c’est ce décalage
entre 5000 et 11000 Hz qui explique que bien souvent la compréhension est
souvent altérée, on n’a pas une reconnaissance excellente de la
prononciation des consonnes surtout les fricatives.
Ainsi donc la
prothèse est de mieux en mieux toléré mais dans une zone d'insuffisance.
Peut-on faire
quelque chose ? A priori oui.
Le maillon faible
de la prothèse est l’écouteur ; il suffirait de changer l’écouteur pour un
écouteur qui monte plus haut en puissance pour régler ce problème. Par
exemple un écouteur piézo-électrique monte jusqu’à 8000 Hz voir au-delà.
Les prothèses
d’autrefois, les prothèses boîtiers, qui sont obsolètes et qui sont
réservées aux pays pauvres avaient des écouteurs beaucoup plus valables.
Et à coté des
prothèses auditives existe-t-il d’autres matériaux permettant d’aider les
malentendants ? Oui ça existe mais ce sont des matériaux souvent trop lourds
et difficiles à déplacer.
Le 3ème
volet de la prise en charge c’est la « stimulation auditive »
Elle a un double
but :
- dabord de
réhabituer à entendre la parole pour mieux l’utiliser
- ensuite entraîner la discrimination. ( La discrimination c’est
cette faculté psycho acoustique qui s’acquiert, qui s’entretient ; elle
permet d’isoler une source sonore au milieu d’autres, et pour un
malentendant ce sera d’isoler la parole de son interlocuteur en présence
d’une ambiance bruyante. )
Lorsque c’est
possible cette stimulation auditive est confiée à l’orthophoniste mais aussi
elle peut être auto réalisée à domicile si le malentendant dispose d’un
matériel électroacoustique adapté et surtout de conseils avisés pour le
réglage et l’utilisation.
Le but premier
de la stimulation auditive est de réhabituer à entendre.
Mais pour mieux comprendre pourquoi on perd l’habitude d’entendre, il faut
voir ce qui se passe : la dégradation auditive correspond à deux pertes :
une perte auditive et une perte fonctionnelle.
La perte auditive
c’est une perte de puissance et puis à la longue se rajoute une partie
fonctionnelle qui est la perte d’habitude.
La variabilité
inter individuelle de la perte fonctionnelle est importaaante ; c'est ce qui
explique que pour une perte identique, l’audiogramme est superposable, les
gens ont des difficultés complètement différentes parfois pour communiquer
Et à quoi
correspondent cette perte auditive et cette perte fonctionnelle ?
La perte auditive
est la disparition progressive des cellules ciliées au niveau de la cochlée.
Il faudra donc augmenter la puissance pour mobiliser les cellules ciliées
restantes.
La perte
fonctionnelle est un ensemble de phénomènes qui se situe tout au long de la
voie auditive, au niveau de la fosse cérébrale postérieure et au niveau de
l’aire corticale.
Au niveau de la
fosse cérébrale postérieure il y a d’abord diminution du volume puis du
nombre des cellules : les cellules n’étant plus utilisées elles se mettent
au repos (diminution du volume), parfois ce repos est largement dépassé et
la cellule meurt (diminution du nombre). La mise au repos est un phénomène
réversible; la mort cellulaire est malheureusement irréversible. Lors d'une
déficience auditive, il se produit aussi une « désafférentation » c’est à
dire une perte des connexions des cellules entre elles. C'est réversible.
Au niveau des
aires corticales auditives il existe différents types de cellules qui
utilisent des éléments différents de la parole. Les plus intéressantes sont
les cellules qui analysent les fréquences ; elles sont réparties par
contingents pour étudier les sons les plus graves (20 Hz) jusqu’aux sons les
plus aigus (20 000 Hz), pour la parole : 125 Hz jusqu’à 11 000 Hz.
Si les sons aigus
ne sont plus entendus les cellules se mobilisent pour aller étudier la
dernière fréquence entendue. Il y a à ce niveau là une accumulation de
cellules, ce qui fait que dans cette dernière fréquence entendue c’est vite
intolérable,
Heureusement les
cellules corticales peuvent retrouver leur fonctionnalité si une information
leur parvient à nouveau surtout dans les fréquences qu’elles n’étaient plus
capables d’analyser.
C’est grâce à la
stimulation auditive qu’on va arriver à améliorer la perception du signal.
Pour réaliser une bonne stimulation auditive il faut amplifier de façon
sélective et adaptée les sons qui parviennent aux oreilles déficientes. Il
faut respecter les règles d’une bonne adéquation phonétique par rapport à la
surdité.
Ceci va permettre
la mobilisation des cellules cochléaires restantes et de là un influx
nerveux va, à nouveau, parvenir à la fosse cérébrale postérieure au niveau
des noyaux cochléaires,
Les cellules
restantes vont reprendre le travail ; les corps cellulaires vont reprendre
du volume ; les connexions vont se rétablir et l’influx pourra passer de
cellule en cellule jusqu’aux centres corticaux ; là les cellules vont se
redifférencier sur le plan fréquentiel. Il y avait une espèce de mur butoir
qui s’était fait au niveau de la dernière fréquence entendue ; ce mur va se
disloquer, les cellules vont reprendre de la fonction sur les fréquences
plus aigues - en tout cas plus loin que l’amplification qui pourra être
donnée par une prothèse auditive.
Pour faire cette
rééducation auditive, cette « stimulation auditive », l’orthophoniste doit
avoir recours à une chaîne électroacoustique juxtaposant plusieurs
amplificateurs - chaque amplificateur étant sélectif d’une zone
fréquentielle. Les réglages sont faciles à faire et ils sont aussi faciles à
reproduire. Il faut respecter un certain nombre de règles très précises. Le
stimulus utilisé par l’orthophoniste pour la stimulation est bien entendu la
voix. L’orthophoniste peut choisir les mots, les syllabes, les lettres qui
sont le plus en difficulté lors de la compréhension. Le stimulus vocal peut
aussi être délivré en présence d’un bruit de fond, ce qui a comme avantage
d’être un entraînement pour la discrimination. Mais cet entraînement pour la
discrimination peut aussi, voire même surtout, être obtenu à partir de la
télévision. Le son de la TV est bien entendu passé dans la chaîne
électroacoustique et là, il y a audition de la parole, des bruits de fond et
de la musique c'est-à-dire des conditions de la vie de tous les jours.
Cette stimulation
auditive est non seulement un excellent accompagnement et doit être aussi et
même surtout une excellente préparation au port de l’appareillage auditif
car celui-ci est alors mieux accepté car mieux toléré et surtout beaucoup
plus vite adapté.
En conclusion,
nous pensons que notre rôle est d’accompagner un malentendant pour l’aider à
vivre avec son handicap, C’est lui donner tous les moyens pour améliorer son
audition et pour compenser les insuffisances de cette amélioration.
Au total notre
rôle aux côtés des déficients auditifs est de leur apprendre à gérer leurs
difficultés plutôt que de les subir.
Je vous remercie
de votre attention.
_______________________________________________________________________
Les
organisateurs de cette journée ont souhaité qu'un témoignage vienne
compléter cet exposé sur la rééducation auditive.
Un peu dans
l'urgence, nous nous sommes adressés à Jean-Louis C. pour plusieurs raisons
:
- D'abord il
avait eu connaissance du Centre Audition et Langage de Cachan par un article
paru dans la revue "VALEURS MUTUALISTES", revue publiée par la MGEN. Et au
terme de sa rééducation, il a souhaité écrire à cette revue pour apporter
son ressenti.
- ensuite, cette
stimulation auditive remonte à trois ans environ, et il était utile de
connaître la situation actuelle.
Voici donc la
lecture de :
- son témoignage
adressé à "Valeurs Mutualistes" par courrier du 20 septembre 2001.
- le point de la
situation actuelle en date du 27 mai 2003.
20
septembre 2001
La lecture du
numéro 211 (de "Valeurs Mutualistes") consacré à l'audition m'incite à vous
proposer mon témoignage sur les bénéfices que j'ai tirés de la "REEDUCATION
AUDITIVE" effectuée à Cachan avec le Dr DESLANDRES ORL et Céline FERRE
orthophoniste ; tous deux oeuvrant dans l'Association "ECOUTE et PAROLE".
Lorsqu'il y a
un peu plus de dix ans, mon audition s'est mise à baisser et que fut posé le
diagnostic "d'hypoacousie endo-cochléaire", je me suis engagé dans le
"parcours du combattant" connu des malentendants et qui a pour but de garder
quand même de l'espoir en dépit du pronostic formulé : "il n'y a rien à
faire", hors l'appareillage.
Point n'est
besoin de s'étendre sur l'accablement, le sentiment de handicap, la
tentation de l'isolement, les doutes sur les possibilités de continuer à
travailler (je suis professeur ! )
Les années
passent avec cette toile de fond déprimante. Il y a deux ans, en lisant le
livre de Jérôme GOUST "VIVRE AVEC LA MALENTENDANCE " je trouve la
description de cette méthode qui a l'air adaptée à mon cas.
Après
consultation du Dr DESLANDRES, le rééducation est entreprise et se déroule
sur une période de trois mois.
Porté par ce
nouvel espoir, mais tiraillé par la crainte d'être déçu, les séances se
succèdent trois fois par semaine. Des séances dites "passives" où on écoute
des gammes de mots restitués dans leur intégralité sonore par un
"merveilleux appareil" et d'autres "actives", avec l'orthophoniste, pour
fixer par des exercices les distinctions et variations du langage
nouvellement redécouvertes.
Résultats
: d'abord une amélioration
sensible de la compréhension attestée par les épreuves orthophoniques et le
constat que je fais moins "répéter" mes interlocuteurs.
S'en est suivie
la décrispation du rapport avec mes oreilles à qui je ne demande plus de
"retrouver leurs vingt ans" mais que je continue à stimuler régulièrement en
utilisant l'excellent et sans doute trop peu connu appareil de Raymond JOUVE
(voir livre de Jérôme GOUST)
Conséquence
secondaire non négligeable, mes acouphènes disparaissent à 80% et on peut
dire qu'ils m'empoisonnaient l'existence. J'oublie maintenant mes oreilles
des journées entières.
Enfin, je
m'aperçois que je suis passé d'une attitude passive à une attitude active où
des moyens m'ont été donnés pour prendre en charge mon problème avec
l'espoir de résultats positifs.
Le 27 mai
2003 : le point de la situation
STATUT QUO :
Les acouphènes semblent durablement tenus à distance et je vis avec ma
malentendance sans que celle-ci prenne une dimension obsessionnelle.
Les questions
qui demeurent tournent autour de l'anxiété, toujours proche, engendrée par
l'idée d'un équilibre fragile risquant d'être compromis par des pertes
nouvelles. D'où les questions :
- La
rééducation auditive a-t-elle des vertus préventives ?
- Les "disques
laser" comportant les suites de mots existent-ils à présent ?
Si oui, peut-on
se les procurer ?
- La technique
des prothèses auditives évolue-t-elle vraiment depuis la "révolution du
numérique ?
- L'usage de
l'audiophone de R. JOUVE est-il indispensable après une R.A.P ?
Réponses aux
questions -( juin 2003 )
1ére
question : La rééducation auditive a t elle des vertus préventives ?
Non, par contre
on sait que vivre dans le silence sans se servir de son audition posera
certainement un jour un problème car moins une audition travaille moins elle
est performante.
2ème
Question : Les disques lasers comportant des listes de mots, existent -ils à
présent ? Où se les procurer ?
Réponse : là il
faut que je m’explique ; actuellement nous nous servons de bandes
magnétiques pour desservir des listes de mots, ces bandes magnétiques
doivent circuler à des vitesses rapides pour donner un bon rendu fréquentiel
sur les aigus. L’idée est venue de transposer ces bandes magnétiques sur
disques lasers, mais là, il y a une petite interrogation ; le temps
d’attaque d’un disque laser n’est pas génial, ceci entraîne, une petite
déformation qu’une oreille normale ne remarque pas mais qu’une oreille
pathologique peut remarquer. Cependant nous allons faire des essais, tenter
cette expérience et si les résultats sont concluant, il sera possible de se
procurer ces disques auprès de l’association.
3ème
question : La technique de prothèse auditive évolue-t-elle vraiment depuis
l'apparition du numérique ?
Comme je l'ai
déjà dit, la révolution du numérique a permis aux prothèses d'être de mieux
en mieux tolérées et surtout en ambiance sonore.
L'indispensable
progrès que les prothèses puissent et doivent faire maintenant, c'est le
changement de l'écouteur; par sa petite taille il est limitée en fréquence
et ne dépasse pas les 5000 Hz, or il faudrait aller jusqu'à 11000 Hz pour
rendre une intégralité de la parole, en tous cas en langue française.
4ème
question : L'usage de l'audiophone de R. JOUVE est-il indispensable après
une RAP (rééducation auditive pure)?
L'audiophone est
le petit frère de la machine que nous utilisons en rééducation à Cachan.
C'est, a priori, le seul appareil commercialisé à l'heure actuelle
permettant de respecter la bonne adéquation phonétique / surdité
indispensable à une parfaite rééducation. Mais Marc Chauveau, la société
Thalès et moi-même sommes en train de travailler pour mettre au point un
programme informatique qui associera rééducation auditive et apprentissage
de la lecture labiale.
Question
de Marie Lise (orthophoniste) : Validité de la méthode
Il est
indéniable que la rééducation auditive est très efficace lorsque l’on
redonne des signaux à la personne comme dans le cas d’un implant cochléaire,
en revanche pour des gens dont les cellules auditives sont détruites toute
ré-éducation auditive est à mon avis vouée à l’échec. Ma question :
avez-vous des exemples d’amélioration d’audiogramme vocal après ré-éducation
auditive, avez-vous égalements des tests objectifs montrant une amélioration
dans le bruit après ré-éducation auditive
Réponse : je suis
d'accord avec Marie Lise pour dire qu'il est évident que si toutes les
cellules auditives sont détruites, la rééducation est vouée à l'échec. Mais
comment le savoir ? En fait, cette remarque ne concerne que les surdités
profondes de grade III, dites "surdités totales". S'il y a encore une
perception sonore, c'est qu'il reste des cellules.
Tout comme les
audioprothésistes le constatent, nous observons de façon inconstante mais
pas exceptionnelle, une remontée de seuils en audiométrie tonale. Nous
observons une amélioration des performances en audiométrie vocale. J'y
reviendrai plus loin car une autre question aborde ce point.
L'amélioration de
la discrimination est quelque chose de totalement subjectif qui nous échappe
et que nous ne pouvons pas évaluer. Le ressenti des malentendants nous
conforte dans la conviction qu'il y a amélioration.
Question de
Jacques (Ingénieur) :
Mon premier
appareil auditif en 77 était un contour du type bande large (Widex G6) les
derniers pics d’amplification étaient à 6000Hz (40dB) et 5000 Hz (45 dB).
Aujourd’hui les fréquences aiguës sont délaissées par les fabricants et par
voie de ricochet par les audioprothésistes : Dans les écoles
d’audioprothésistes on apprend qu’au-delà de 3500 voire 3000 Hz cela ne sert
plus à rien et les fabricants d’audioprothéses (les numériques derniers
cris) se limitent à 5000 Hz voire même en fait 3500 à 4000 Hz. Deux
questions : 1) où les fabricants et les écoles d’audioprothésistes sont-ils
aller chercher leur mauvaise information scientifique, 2) est ce que vous
intervenez comme professeur dans les écoles d’audioprothèsistes, est ce que
vous intervenez comme consultant auprès des fabricants d’audioprothèses pour
qu’ils remettent le filtre amplificateur à 6000Hz…(si c’était possible il y
a 25 ans avec les mêmes micros et écouteurs pourquoi ce ne serait pas
possible aujourd’hui). Et question subsidiaire : qu’est ce que vous nous
conseillez à nous association pour faire redécouvrir aux professionnels des
vérités tombées dans l’oubli.
Réponse : Les
questions de Jacques, l'ingénieur, sont très pertinentes. Ce n'est pas à moi
de répondre à la première question : où les fabricants et les
audioprothésistes sont-ils allés chercher leurs informations ?
Ce que je peux
dire :
- c'est que la
limitation en fréquence sur les aigus est une façon d'échapper au larsen.
- la volonté de
réduire le volume des prothèses a diminué la place attribuée à l'écouteur et
en même temps sa bande passante. La publicité dit que l'appareil ne se voit
plus, mais est-ce que cela suffit à cacher la surdité ?
Mon rôle
professionnel est uniquement celui d'un praticien indépendant et aussi de
coordonner l'équipe du centre "audition et langage". J'ai occasionnellement
des rencontres avec des constructeurs et des audioprothésistes : nous ne
sommes pas toujours sur la même longueur d’onde.
Effectivement, ils
disent qu'il n'est pas utile de donner des aigus parce que le malentendant
ne les entend plus et ne sait plus les utiliser. Ce à quoi je réponds :
- nous n'avons pas
les moyens de tester correctement les aigus,
- vous n'avez plus
les moyens de donner des aigus avec du matériel actuellement sur le marché.
Nous disposons d'amplificateurs capables de restituer les aigus et lorsque
nous les restituons, nous constatons deux choses :
-
d'une part une
amélioration de la compréhension (en audiométrie vocale),
-
et d'autre part,
nous constatons aussi et peut être surtout, le sourire de satisfaction des
malentendants.
Les bandes
passantes du microphone et de l'amplificateur des prothèses auditives sont
bonnes, c'est la bande passante de l'écouteur qui est grandement
insuffisante; c'est le maillon faible qu'il faudrait changer.
Que peuvent faire
les associations de malentendants ? Il faut qu'elles demandent à leurs
audioprothésistes s'ils peuvent remplacer l'écouteur électrodynamique par un
écouteur piézo-électrique. Ceci nécessite que l'appareil ait la place
suffisante et ceci nécessite aussi de changer l'impédance de la prothèse.
L'écouteur
piézo-électrique aura l'avantage d'un meilleur rendu sur les aigus et en
plus de cela, s'ajoute un deuxième avantage de diminuer la consommation des
piles électriques.
A ce sujet, je
voudrais dire, qu'en 2001 est né, à la faculté d'Orsay, c'est
la faculté des sciences de Paris Sud, un groupe qui s'appelle : "la
cellule audition d'Orsay" dont le mentor est Paul Marie Guyon qui travaille
au L.C.A.M.;. je pense que cela veut dire Laboratoire de Collision et
d'Activation Moléculaire, je suis persuadé que de ce milieu scientifique
resortira toute le vérité.
Question : Un
audioprothésiste qui avait
entendu parler de vos travaux, se demandait si c'était scientifiquement
prouvé que les fréquences au-delà de 4000, 5000 Hz permettent la
compréhension ?
Réponse à Monsieur
l'audioprothésiste : il faudrait répondre que parce que nous ne faisons que
de la mise en pratique, ce ne sont pas nos travaux qui peuvent conforter ou
apporter une preuve scientifique.Il faut rappeler que la fondation Borel
Maisonny, à son heure de gloire, a étudié toutes les fréquences (de tous les
phonèmes et de toutes les lettres) indispensables à une bonne
compréhension et à leur reconnaissance.
Par ailleurs,
l'Institut de Phonétique qui dépend de la Sorbonne détient tous les éléments
de ces affirmations. On peut y contacter Bernard GAUTHERON.
Question :
quel en est le coût ?
Réponse : le coût
de la rééducation peut faire peur ; chaque chaîne électroacoustique que nous
utilisons à Cachan coûte entre 11000 et 12000 Euros. Par contre, pour les
audiophones (leurs petitsfrères), le montant est beaucoup plus modeste
puisqu'il n'excède pas 1500 Euros.
Question :
Quelle évaluation de l'apport bénéfique ?
Réponse : l'évaluation de l'apport bénéfique
sera en même temps une réponse à l'orthophoniste de tout à l'heure. Cette
évaluation repose d'une part sur la satisfaction ou non du malentendant
lui-même ; çà c'est totalement subjectif. Elle repose aussi sur les
remarques formulées par l'entourage du malentendant ; çà, c'est déjà
beaucoup plus objectif.
Mais, par ailleurs, nous pratiquons des tests vocaux. Mais pour que les
tests soient comparables, il faut utiliser toujours les mêmes listes ; dont,
il ne faut pas les utiliser trop souvent, sinon, le malentendant finira par
les connaître par cœur. Ces tests sont pratiqués soit à oreilles nues, soit
avec les prothèses auditives, soit avec la chaîne électroacoustique. Dans
les trois cas, c'est sans lecture labiale ou avec lecture labiale. Au terme
de ces bilans, nous notons les porcentages d'erreurs.
Question :
quelles modalités pratique de la rééducation auditive ?
Réponse :
malheureusement ou heureusement, tous les malentendants ne peuvent pas venir
au Centre Audition et Langage ou même, aller trouver un orthophoniste qui
s'intéresse à leur sort. Alors, ceci génère des protocoles différents car
les situations sont différentes.
Lorsque les gens
peuvent fréquenter ledit centre, la prescription initiale est faite pour 50
séances, du moins suivant l'ancienne nomenclature des actes professionnels
pour l'orthophonie (maintenant c'est changé). Chaque séance dure au moins
une heure. Il ne faut pas moins de 3 séances par semaine. Ceci représente
une durée d'un peu plus de 3 mois. Le bilan d'audiométrie vocale est réalisé
avant de commencer, puis à 25 séances et au bout de 50 séances. Là on
décide éventuellement de continuer suivant le désir du malentendant et les
résultats obtenus.
Chaque séance doit
comporter une partie active faite avec l'orthophoniste, puis une partie de
rééducation pure, faite soit à partir de la bande magnétique pour ne faire
travailler que l'intelligibilité, soit avec la T.V. pour faire travailler
l'intelligibilité et la discrimination.
Mais si le
malentendant ne peut pas fréquenter le Centre Audition et Langage, il faut
absolument qu'il dispose d'un audiophone ; soit c'est l'orthophoniste, chez
qui il se rendra, qui est propriétaire de l'audiophone et à ce moment là on
se retrouve dans des conditions à peu près identiques, soit c'est le patient
lui-même qui a fait l'acquisition de l'audiophone et il peut l'utiliser à
son domicile et chez l'orthophoniste.
Parfois il n'y a
pas de possibilité de fréquenter un orthophoniste, lequel cas, nous guidons
le malentendant depuis Cachan pour lui dire comment procéder.
L'association de
Cachan a quelques audiophones que ponctuellement elle peut mettre à la
disposition des malentendants. Mais l'investissement et important et le
nombre limité.
Question :
dans quels cas cela ne sert à rien ?
Réponse : cette
dernière question est cruelle ; quand est-ce que cela ne sert à rien ? Cela
ne sert à rien si le malentendant n'est pas volontaire. Quand il a été
contraint et forcé par son entourage, ce n'est pas la peine d'entreprendre
une rééducation. Cela ne sert à rien non plus si l'assiduité ne peut pas
être respectée, c'est-à-dire, qu'il faut au moins 3 séances par semaine et
il ne faut pas qu'il y ait de périodes de congé. Cela ne sert à rien, en cas
de surdité totale.
Réponses aux
questions -( mars 2004 )
QUESTIONS POSÉES
à la suite de l’exposé sur le rééducation
auditive et après les témoignages.
Réponses du Dr Deslandre -table ronde du
samedi 15 mars 2004
QUESTION N° 1
Certains audioprothésistes pensent que ce sont les aigus qui sont dangereux
pour l’oreille alors qu’on vient de nous dire qu’ils sont indispensables à
une bonne compréhension. Qu’en est-il au juste ?
Les
audioprothésistes ont parfaitement raison. Lors des traumatismes sonores, ce
sont les fréquences aiguës qui sont les plus dangereuses. En effet, au
niveau de l’oreille, la vascularisation artérielle cochléaire est
particulièrement faible au niveau des cellules qui détectent les aigus. S’il
y a surmenage de ces cellules, la vascularisation s’avère insuffisante et
ces cellules souffrent en premier.
QUESTION
N° 1 bis
Alors n’est-il pas dangereux d’avoir un appareil qui augmente trop les aigus
?
Il ne
s’agit pas d’augmenter trop les aigus. Il s’agit d’augmenter juste de ce
qu’il faut.
QUESTION
N° 2
A
ce que j’ai compris, on ne peut améliorer que la compréhension et pas
l’audition ?
J’ai
du mal m’exprimer ou pas assez. Bien sûr la réadaptation est destinée à
améliorer la compréhension. Mais lorsque vous donnez une puissance
suffisante et adaptée au niveau de l’oreille, il y a à nouveau un influx qui
parvient au niveau de la fosse cérébrale postérieure (noyaux cochléaires),
puis au niveau cortical (aire auditive). Cela remet un certain nombre de
structures nerveuses en fonction et ceci explique la perception améliorée au
niveau du seuil auditif. La voie auditive étant rétablie, du moins en
partie, certaines informations peuvent à nouveau parvenir même si elles sont
moins puissantes. Autrement dit, en l’absence de rééducation, s’il n’y a pas
assez de puissance donnée au niveau de l’oreille, il n’y a pas d’influx
nerveux parvenant dans la fosse cérébrale postérieure et encore moins
d’information au niveau du cortex auditif. Si cette voie auditive est
réhabilitée, un influx pourra la parcourir même avec une stimulation moins
importante au niveau de l’oreille, à condition qu’il y ait encore des
cellules cochléaires fonctionnelles. Donc, si on remet les circuits en
marche, on arrive à percevoir à nouveau certains sons.
On
constate, après rééducation, une amélioration de l’audiogramme dans un tiers
des cas. Et on a observé des améliorations jusqu’à 35 dB (je ne l’ai vu
qu’une seule fois).
QUESTION
N° 3
Est-il bon ou efficace d’écouter la radio ou la télé avec des écouteurs ?
C’est
mieux que rien. Cependant le problème est que la simple écoute au casque, de
la radio ou de la télé, ne tient compte que de la puissance. Or j’ai essayé
de vous dire aujourd’hui que le son passe par les fréquences avant de passer
par la puissance.
Si
vous avez une balance qui permet d’augmenter les aigus et de diminuer les
graves, il faut d’abord l’utiliser avant de donner une puissance
satisfaisante. Le son sera plus clair et pas trop fort.
Si
votre poste de TV n’a pas de réglage de fréquence, il faut en sortir le son
par la prise péritel et passer par la chaîne Hi-fi qui permet d’augmenter
les aigus et de minimiser les graves. Mieux encore, le malentendant peut
écouter au casque comme cela lui convient et les autres écoutent comme
d’habitude la TV.
QUESTION
N° 4
Combien de temps en moyenne dure une stimulation auditive par la méthode que
vous avez présentée ? Les résultats sont-ils acquis définitivement ?
Les
résultats ne sont pas acquis définitivement, jamais, sauf pour une personne
qui aurait récupéré une audition normale mais avec mauvaise intelligibilité
(après chirurgie par exemple).
Le
temps de rééducation est au moins de trois mois... est plus selon les
résultats constatés, le niveau de la perte, son ancienneté, la motivation du
sujet...
QUESTION N° 5
Est-ce que un Monsieur malentendant a eu raison de s’appareiller ? A-t-il
raison de ne porter que rarement ses appareils ou faudrait-il qu’il les
porte plus souvent ?
Je
félicite Mr de s’être fait appareiller ; c’est déjà un énorme pas de
franchi. S’il veut tirer maintenant un bénéfice de ses appareils, il faut
qu’il les mette en se réveillant et les enlève en se couchant ; peut-être
pas du jour au lendemain mais rapidement quand même. Ce n’est qu’ainsi qu’il
se réhabituera à la perception des bruits de fond et qu’il pourra les
“neutraliser”. Et ce n’est qu’alors qu’il pourra mieux comprendre la parole
et l’extraire de l’environnement sonore.
Il ne
faut surtout pas faire comme avec des lunettes : quand on a envie de lire,
on les met. En audition, c’est différent : il faut faire travailler les
oreilles. Plus on porte ses appareils, plus on les supporte.
QUESTION
N° 6
Je
reviens sur la réponse que vous avez donnée à M. Schlosser. Souvent, les
audioprothésistes, quand on leur demande de nous mettre plus d’aigus, ils
refusent. Pourquoi ?
Je ne
vois pas qui peut dire que les aigus ne servent à rien, surtout quand on n’a
pas les moyens de les donner... Les patients dont nous nous occupons se
redent bien compte que ça sert à quelque chose. Il suffit de voir leur
sourire de contentement quand on leur donne des aigus. Mais il est vrai
qu’au début ils sont parfois un peu durs à supporter.
Les
audioprothésistes n’ont pas les moyens de vous donner des aigus parce que
les appareils n’ont pas les moyens de les donner. C’est un problème de
fabricants.
Mais
si demain on fabrique des appareils qui donnent des résultats satisfaisants,
vous oublierez d’aller en acheter tous les six mois ou à l’occasion de
chaque “innovation révolutionnaire”.
QUESTION
N° 7
Nos appareils auditifs ont de très fortes distorsions ; la commission
d’homologation accepte jusqu’à 10% de distorsion et les fabricants et les
audioprothésistes ont tendance à diminuer les aigus au maximum pour éviter
le Larsen.
Je
ne parle pas du problème d’ergonomie, et le militant associatif que je suis,
propose de bombarder les fabricants de lettres de malentendants mécontents
pour leur expliquer ce qui ne va pas dans leurs appareils... Il semble
qu’aujourd’hui, avec les progrès en électronique, on devrait pouvoir faire
beaucoup mieux pour un prix plus agréable... ?
Militez, Militez... il en restera quelque chose.
Je
reviens sur l’idée que les aigus ne servent à rien. Il faut ajouter que nous
n’avons pas les moyens de les tester correctement. Lors de réalisation d’un
audiogramme, on teste les fréquences 125, 250, 500, 1000, 2000, 4000 et 8000
Hz. On a testé 7 points ; rien entre 4000 et 8000, rien au delà de 8000Hz.
Les aigus ne sont donc pas testés correctement et on ne sait donc pas ce qui
reste.
QUESTION
N° 8
Pour confirmer ce que vous dîtes : je suis malentendant léger mais je suis
appareillé quand même. J’ai souvent du mal à comprendre la parole des
chansons. Je comprends beaucoup mieux avec un casque sur les oreilles, mais
ce n’est pas toujours idéal et à ce moment-là je coupe tous les graves et
j’entends de façon satisfaisante.
Vous
avez résumé la situation. La bande passante d’un casque est meilleure que
celle d’une prothèse et privilégier les aigus améliore l’intelligibilité.
QUESTION
N° 9
Comment peut-on diagnostiquer une séquelle chez un enfant ? Mon fils a une
très mauvaise élocution et il a eu une otite séreuse à l’âge de
l’apprentissage de la parole. Y a-t-il un autre moyen que l’audiogramme ?
Non,
il n’y a pas d’autre moyens que l’audiogramme. Mais il faut mieux tester les
aigus : 2000, 3000, 4000, 6000 et 8000 Hz. De plus il faut compléter
l’audiométrie tonale par une vocale et qualifier les difficultés plutôt que
de les quantifier : un pourcentage de difficultés n’a aucun intérêt, mais
connaître les lettres ou les phonèmes sur lesquels il y a des difficultés,
permet d’imaginer les nécessités d’un très éventuelle amplification pendant
la rééducation orthophonique.
QUESTION
N° 10
D’après ce que je comprends, j’aurais tendance à penser que la rééducation
auditive marche mieux si je suis malentendant en étant devenu sourd plutôt
qu’en étant malentendant de naissance !
Ce
qui compte est le temps qui passe entre la découverte de la surdité et le
moment où on intervient, que ce soit chez un jeune, un adulte ou un aîné.
Deuxième chose : chez l’enfant il y a une plasticité neuronale fantastique.
Le système nerveux central n’est définitivement mature qu’à l’âge de sept
ans. Il y a encore des possibilités de croissance cellulaire jusqu’à cet
âge.
Donc
il faut agir vite.
Chez
les aînés, cette plasticité s’amenuise d’année en année.
QUESTION
N° 11
Pour faire suite à la question de Madame, je suis enseignant. Je pense à une
élève dont la maman n’a pas pu assister aujourd’hui à la réunion. Elle est
en sixième, et la surdité a été découverte avec trois ans de retard ;
toujours est-il qu’aujourd’hui, en sixième, elle a trois ans de retard. Il y
a énormément de mots qu’elle ne connaît pas parce qu’elle ne les a pas
entendus.
Si
elle pouvait bénéficier d’une écoute par l’audiophone, elle pourrait
utiliser complètement la parole ?
A mon
avis, l’appareillage de l’enfant (en général) est mal fait. Pour apprendre à
comprendre et a parler le plus correctement possible, l’enfant, encore plus
que l’adulte, a besoin d’avoir des aigus. Priver un adulte d’entendre des
aigus qu’il connaît, le gêne. Privé un enfant de les entendre l’empêche de
les utiliser dans son élocution : il ne parle que comme il entend.
QUESTION
N° 12
De
ce point de vue, est-ce que les anciens appareils ne donnaient pas plus
d’aigus que les numériques d’aujourd’hui ?
Les
boîtiers, qui sont obsolètes en France et qu’on envoie dans les pays
sous-développés, permettent de monter plus haut dans les aigus : jusqu’à
8000 au lieu de 5000 Hz.
QUESTION
N° 13
Vous parlez souvent de cellules. Pouvez-vous nous en dire plus par rapport
aux cellules-souche ?
Je
n’ai pas de réponse.
J’aimerais bien pouvoir espérer, mais je ne sais pas. Tant qu’on n’aura pas
essayé, je ne peux rien dire, mais j’ai un doute sur l’efficacité. Bien sûr,
si on arrive à transplanter une cellule et qu’elle arrive à rétablir des
connexions dans tout l’ensemble, c’est idéal. Il y a beaucoup de travail à
faire de la part des chercheurs et de la médecine, mais il y a aussi
beaucoup de travail à faire pour une cellule !
QUESTION
N° 14
Il
y a une personne sur quatre ou sur trois qui a une bonne audition à
quatre-vingts ans. Y a-t-il des études pour comprendre pourquoi ces
personnes échappent à la presbyacousie ? Sinon, que pouvons-nous faire, nous
associations, pour provoquer de telles études ?
Des
dépistages auditifs ont été réalisés dans tous les pays du monde. Les
populations qui ont les meilleurs scores auditifs sont les populations qui
sont les plus à l’écart de la civilisation, à cause du bruit, de la
pollution, etc... parce qu’il n’y a pas d’avion, d’usine, de produits
chimiques...
QUESTIONS
N° 15
Oui c’est vrai, mais on voit des personnes très âgées qui entendent très
bien dans notre pays !
Les
personnes qui viennent me voir sont toutes des malentendantes. Je ne vois
pas les gens qui entendent bien. Je pense qu’ils ont pu surtout développer
des moyens de compensation, que ces personnes très âgées ont une audition
plus faible mais qu’elles font des efforts sociaux très importants pour
maintenir le contact. Je vois souvent des personnes avec des pertes
auditives hautement significatives mais que ne semblent pas trop les gêner.
Elles ne semblent pas spécialement perturbées pas les situations difficiles.
Elles écoutent et répondent. Il est probable que l’explication réside en
partie dans le fait qu’il n’y a jamais eu de coupure relationnelle ou de
coupure sociale.
QUESTION
N° 16
Existe-t-il des disques audio avec voix enregistrée et filtrée qui aurait
une incidence pour repousser ce que vous appelez le mur d’intolérance
fréquentielle ?
Je
sais que quelqu’un a essayé de le faire il y a une quinzaine d’années, en
enregistrant des listes de mots et en tenant compte des besoins
fréquentiels. Cela a été fait avec des minicassettes. Or ces minicassettes
restituent mal les aigus (c’est la raison pour laquelle les
électroacousticiens ont développer le système DOLBY pour redonner des aigus
artificiels ; ceci est acceptable pour la musique mais pas excellent pour la
parole puisqu’il ne s’agit pas des aigus naturels). Pour avoir de bons aigus
naturels sur un enregistrement magnétique, il faut avoir une bande large
qui défile vite.
L’espoir est surtout dans le CD audio. Nous n’avons pas pu travailler
beaucoup dans ce sens là, faute de subvention.
QUESTION
N° 17
Où
peut-on se procurer l’audiophone JOUVE ?
Centre Electronique Acoustique - Productions JOUVE
175
rue Legendre - 75017 PARIS
Tel :
01.46.27.08.30. Demander Mademoiselle MEESCHAERT
QUESTION N° 18
Trop
porter un appareil ne rend-il pas la compensation paresseuse ?
Non.
Eh ! voilà,
j'ai répondu à toutes les questions, mais si vous avez d'autres questions à
poser, vous pouvez en informer les organisateurs .
En attendant de
vous retrouver, je vous salue et je vous redis toute ma sympathie. Dr
Dominique DESLANDRES, ORL, 17 rue Piron, 21000 DIJON
Tél. : 03 80 30 77
77 Mobile : 06.08.82.05.06 Fax : 03 80 49 95 15
changement
d'adresse début 2004 : 16, place des Ducs, 21000 DIJON
Centre « Audition
et Langage », 16 Place Ovale, 94230 CACHAN
Tél. : 01 46 64 56
11
Au sujet de l’Appareil de rééducation
auditive :
l’audiophone de Jouve
Témoignage de François C. de Montpellier
▲haut
de page
1-Historique
: Amateur de musique classique depuis de nombreuses années, je suis très
attentif aux fréquences perçues et non perçues. Recherche du seuil, voir le
déplacer (vers les aigus).
Mon
audioprothésiste supprimait les aigus lors des réglages de mes prothèses :
inutiles puisque non perçus, ils agressent et perturbent les perceptions. Au
concert c’était des bruits de casseroles que j’entendais plutôt que des
instruments de musique !
Il y a 6 ans
j’acquis les prothèses « musicales » de Siemens. Enfin j’entends de la
musique ! J’oblige mon audioprothésiste à mettre des aigus au delà du seuil
de perception sans remarquer d’agression. Je me souviens d’avoir lu des
critiques d’amplis dont la fréquence allait jusqu’à 30000 hertz. Bien que
non perçu par l’oreille, ces hautes fréquences permettent à l’appareil un
meilleur rendu dans les fréquences audibles.
Je découvre les
interviews du Dr Deslandres dans « Résonnances », dont les hypothèses vont
dans le sens de mes efforts. Octobre 2002 RdV avec le Dr Deslandres à Dijon,
essai de l’appareil de Jouve.
Un drame qui
précipite l’acquisition de l’appareil de Jouve : ma fille aînée Valérie âgée
de 34 ans, malentendante, appareillée, a une perte brutale et sévère de
l’audition : examens médicaux à Montpellier, impuissance des ORL,
préparation pour un implant.
Février 2003 : le
Dr Deslandres nous reçoit à Cachan, il fait préparer un appareil que nous
récupérons le soir chez Jouve à Paris ;
2- début de la
rééducation auditive : début mars avec une orthophoniste.
A la maison :
utilisation du micro pour conversation, des raccords pour écouter la TV,
radio.
Mon degré de
surdité : pertes : 85dB à droite, 90dB à gauche.
Le Dr Deslandres a
donné ses directives par téléphones à l’orthophoniste, celle-ci est
intéressée et motivée. Lors d’un de ses passages à Montpellier, nous
recevons le Dr Deslandres avec l’orthophoniste. Il nous fait part de ses
hypothèses, nous indique le mode d’utilisation de l’appareil de Jouve et le
but de la rééducation.
Mon médecin et
l’ORL que j’ai consulté il y a 4 mois n'est pas au courant
J’ai fait la copie
de l’interview à l’audioprothésiste qui est paru intéressé. Il me règle les
prothèses en tenant compte de mes exigences (mais ce n’est pas encore ce que
je veux)
L’orthophoniste a
été trouvée en tenant compte de la proximité d’un RdV dans les meilleurs
délais. Elle est très intéressée, motivée.
Avant de commencer
ma fille et moi avons subi des tests d’évaluation fournis par le Dr
Deslandres
Comment cela se
passe chez elle ? : le micro est dirigé bien en face de l’orthophoniste ; à
1m environ, des périodes de « bavardages » à bâtons rompus alternent avec
l’audition de mots que je comprends pas ou difficilement. Ces exercices se
font sans regarder l’auditrice, réglage de l’appareil à ma convenance, j’ai
commencé sur le 4 à 70db, puis je suis passé sur le 5 à 80db, puis 75db,
actuellement à 70db.
Confort d’écoute
sur le 4. A 5 j’ai dû augmenter la puissance : moins de grave, plus d’aigus
: c’est là que je dois travailler, car je dois être « à la limite » d’une
bonne perception des aigus
Chez moi
conversation avec ma femme au cours des repas, à la télé avec prises
péritel, à la radio avec raccord.
Bénéfices : bonne
compréhension, voix claire, pas de sons agressifs ni parasites.
Inconvénient : le
casque compresse les oreilles, encombrement hors période de rééducation.
Pour écouter de la
musique, j’utilise un casque seul sur prise casques de l’ampli ou de la
platine CD ou de la platine cassette : excellents résultats.
Les tests de
compréhension n’ont pas encore était réalisés.
Je retire dans
l’immédiat un grand plaisir d’écoute, une meilleure compréhension du parler
Sans prothèses,
avec prothèses est-ce mieux qu’avant ?
Il me semble
essentiel de se concentrer sur le seuil de perception ou de non perception
des aigus afin de le « repousser ».
Essayer des tests
avec un instrument de musique me parait intéressant : piano, violon, avec
des voix d’enfants. Le réglage des prothèses doit suivre.
A bientôt d’en
parler et reparler...Cordialement
François
Témoignage de Valérie C. de Montpellier
▲haut
de page
Monsieur,
Voici mes réponses
à vos questions:
1) Comment
avez-vous acquis l'appareil?
Pour l'instant, je
partage l'appareil avec mon père mais j'ai fait une demande de financement
pour en acquérir un personnellement auprès d'un organisme départemental qui
s'appelle "Site pour la Vie Autonome" (SVA sur Montpellier)
2) Votre
médecin et votre audio sont-ils favorables ?
Mon médecin
généraliste est au courant de mon utilisation de l'appareil de rééducation :
RAS, c'est une personne ouverte. Mon audioprothésiste plus ou moins car je
ne suis pas rentrée dans les détails et mon ORL pas encore... j'hésite un
peu, vu les divergences d'opinion !!! Si il y a un mieux perceptible dans ma
compréhension, alors effectivement, je lui en parlerai...
3) Petite
histoire de votre surdité
Depuis l'âge de 5
ans, je suis suivi car j'avais une légère perte d'audition qui ne m'a pas
empêchée de poursuivre mes études. A l'époque, il ne devait pas y avoir
d'aggravation... En 1991, j'ai eu une première chute qui m'a conduit à
m'appareiller car j'étais à l'université et il me fallait comprendre les
cours. L'audition est restée à un niveau à peu près stable de 1992 à 2000.
Fin 2001 et à nouveau début 2003 mon audition a chuté ce qui remets en cause
mon avenir professionnel immédiat. Je démarre une "recherche de
reconversion", seule pour l'instant, car étant encore en activité, il n'y a
pas d'organisme qui puisse m'aider pour effectuer un bilan de compétence, me
donner des conseils, etc. Je dois d'abord être au chômage pour ensuite
pouvoir bénéficier d'aides correspondant à ma recherche d'information et de
reconversion...
4) Quel est le
degré de ma surdité aujourd'hui ?
Je suis désolée
mais je vais noter exactement la synthèse de mon ORL ... : "il en résulte
actuellement en audiométrie vocale des seuils avec une discrimination de 60%
à 90dB à droite et une discrimination de 40% à 86 dB à gauche" (NDLR :
l’audiogramme vocal sature à D à 90dB avec seulement 60% de mots reconnus et
à G à 86 dB avec seulement 40% de mots reconnus).
5) Comment se
déroulent les séances de rééducation avec l'orthophoniste ? Depuis combien
de temps ?
J'ai démarré les
séances avec l'orthophoniste depuis 2 mois et demi, à raison d'une séance
hebdomadaire de 45mn. A mon arrivée, j'enlève mes prothèses, je mets les
écouteurs puis "l'amplificateur en route"... Il y a toujours un temps pour
la discussion "normale" puis je dois répéter des mots ou des mini phrases
sans lecture labiale. Si je ne comprends pas le mot, l'orthophoniste le
répète 1, 2 fois puis si il y a toujours incompréhension ou erreur, elle le
répète à nouveau et je m'aide de la lecture labiale.
6) Qu'est-ce
que cela vous a apporté ? et quels bénéfices vous en retirez ?
Au cours de ces
séances, j'ai pu me rendre compte à quel point j'avais développé la
"compréhension" par la lecture labiale alors que je n'ai jamais appris à
l'utiliser. Nous nous sommes rendus compte que ma compréhension se situait à
98% de réussite (en répétition de mot) avec l'utilisation de l'audition et
de la lecture labiale. Maintenant, je m'amuse à la développer avec la langue
anglaise ... Ce qui est également très intéressant, c'est de noter les sons
avec lesquels j'éprouve des difficultés comme le son "ou", les "ch" les "s",
par exemple. Maintenant, en début de séances, je répète les mots que je
n'avais pas compris la fois précédente et j'enchaîne sur des listes de mots
"faciles" et "difficiles". Je pense qu'il est encore un peu tôt pour
remarquer une amélioration. Par contre, je me sens dorénavant plus à l'aise
lorsque j'essaie de comprendre sans lire sur les lèvres. Les premières fois,
je me sentais "perdue", déboussolée. Je m'oblige à faire répéter le plus
souvent possible avant de faire une tentative avec la lecture labiale.
J'utilise surtout l'appareil avec la télévision et évidemment lorsque je
regarde un film français, j'ai à nouveau une bonne compréhension (pour moi).
Je prends plaisir à comprendre. Pour finir, je voudrais souligner la qualité
sonore des écouteurs. Effectivement, suite aux dernières baisses d'audition,
je n'écoutais quasiment plus la radio
(musique
essentiellement). Grâce aux écouteurs que je branche directement sur ma
chaîne (et sans utiliser l'appareil amplificateur), j'ai retrouvé la joie
d'écouter la musique, de découvrir des sons que je n'entendais plus du tout
en utilisant mon ordinateur et voire à pousser la chansonnette, mais là,
c'est vraiment une autre histoire car il est, bien sûr, inutile de dire que
je chante ultra faux !!!!
En espérant avoir
été la plus concrète possible, je vous souhaite une bonne réception de ce
courrier.
Cordialement.
Valérie C..
Comment
j’ai rééduqué mon oreille droite grâce à l’écoute par boucle
magnétique.
(Témoignage de Jacqueline
Cazanave Pin ancienne présidente de l’association Surdi34 de Montpellier)
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Mon parcours de
malentendante a été, comme pour beaucoup d’entre vous, chaotique et
douloureux. Mal informée par des professionnels aux avis contradictoires,
j’ai perdu beaucoup de temps avant de pouvoir me faire appareiller ; et,
c’est en vain, que j’ai cherché à me rapprocher d’une association qui
n’existait pas à l’époque sur le plan local.
J’avais
progressivement vu mon audition diminuer jusqu’à approcher les 60% de perte,
lorsque, enfin, le jour est arrivé, où sur les conseils d’une amie très
compétente et persuasive, j’ai retrouvé le courage de ressortir les deux
prothèses qui dormaient dans un tiroir depuis 6 ans..
Finalement, le
déclic psychologique étant déclenché, je ne me débrouillais pas mal avec
l’un de mes appareils, mais le vacarme des bruits ambiants auxquels mon
oreille était soumise en permanence, m’inquiétait et m’amena à penser qu’il
serait souhaitable de protéger mon oreille droite, un peu moins mauvaise, en
ne l’appareillant pas.
C’était une
grosse erreur, dont j’ai pu me rendre compte quelques années plus tard,
lorsque j’ai refait une série de tests : concernant la compréhension,
l’audiométrie vocale faisait apparaître une bonne amélioration du coté
gauche, mais une forte baisse apparaissait du coté droit, sur l’oreille
qui n’avait pas été appareillée.
Ainsi, l’oreille
qui n’avait pas travaillé, avait perdu de son intelligibilité.
La preuve était
faite que le port d’un appareil auditif ne dégrade pas le système auditif,
comme on pourrait le craindre, mais au contraire, le conserve, en stimulant
les cellules nerveuses qui le constituent.
Restait le
problème de m’habituer à supporter le deuxième appareil, ce qui me
semblait une nouvelle contrainte peu réjouissante. J’ai commencé par faire
un nouveau réglage sur l’appareil délaissé, et l’idée m’est venue, que je
pourrais peut-être faciliter les choses en écoutant avec mon oreille à
rééduquer, tout ce qui pouvait s’entendre avec la boucle d’induction,
essentiellement les émissions de télévision, puisque j’avais la chance
d’être équipée chez moi d’une boucle magnétique. ,
Il est bien
entendu qu’il suffit de se connecter sur la boucle d’un seul coté, afin de
ne pas s’isoler des bruits ambiants
Tout se passa
fort bien; les tests suivants ont montré que ma deuxième oreille avait
récupéré une intelligibilité normale, et depuis, le port de mes deux
appareils m’est indispensable.
Au sujet de cette
forme de rééducation toute simple, je pense que l’on pourrait faire une
comparaison avec ce qui se passe en matière de rééducation motrice : On
utilise des piscines dans lesquelles sont plongés les patients; l’eau étant
censée diminuer les efforts physiques, tout en permettant de faciliter le
travail musculaire.
Chez nous, c’est
la position T, quand nous disposons d’une boucle magnétique, qui permet à
nos oreilles de travailler sans faire d’efforts, dans de bonnes conditions,
et de manière ludique. Il serait dommage de s’en passer, et c’est bien
regrettable que les audioprothésistes ne veuillent pas le comprendre.
J’espère avoir
répondu à la question qui m’était posée sur la rééducation de ma deuxième
oreille Je pense qu’il y aurait encore beaucoup à dire pour répondre au
questionnaire de Surdi 13 que je trouve très judicieux ; mais, si je suis
une inconditionnelle de la Boucle Magnétique, je ne suis pas une
écrivaine très habile, et puisque le temps presse, je me réserve pour
une prochaine fois.
En attendant,
sachez que j’ai trouvé l’idée de la visite guidée d’Aix en Provence en
boucle magnétique géniale! et j’aimerais bien avoir la référence
de ce petit amplificateur si discret et performant qui a été utilisé.
Merci et
amicalement.
Témoignage Paulette (Aix en Provence)
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Bonjour ! je suis
ici pour témoigner de la mise en train d'un appareillage auditif avec
accompagnement de rééducation orthophonique.
Cela vous tombe
dessus d'un coup, sans prévenir vraiment.
Vous aviez une
perte auditive moyenne de 44 % sur les deux oreilles et deux après, le
verdict de l'audiogramme est de 60 % à droite, 70 % à gauche de perte
auditive : PRESBYACOUSIE !
Cela fait mal,
mais surtout cela fait peur. Si cela continue à cette allure…Dans deux ans
!… Que faire ?
Je veux savoir
pourquoi ? Comment ? Quand ?.
L'O.R.L : " on
ne peut pas savoir ! Mais il y a les audioprothèses et la rééducation
orthophique !"
Je me lance, ou
plutôt je me relance. J'avais déjà fait un essai d'appareillage il y a deux
ans plutôt négatif. Cette fois, l'audioprothésiste et l'orthophoniste
travaillent en équipe. L'appareillage se fait en douceur, très progressif.
Je le supporte bien. J'ai des résultats positifs, mais ce n'est pas encore
le top. Ma courbe auditive est difficile à compenser.
L'orthophonie,
c'est un travail en commun où vous devez vous impliquer. Le bilan vous fait
découvrir que vous ne comprenez ni tous les sons, ni tous les mots. Que dans
le bruit, entendre et comprendre c'est encore plus difficile.
L'orthophoniste vous fait travailler chez elle et chez vous sur cassettes
enregistrées.
1 - La
compréhension des sons :
Ce sont des listes
de mots très proches qu'il faut identifier et noter tels que : cesse et
sèche, six et fils, fifre et chiffre, etc…
2 - Travail sur
la rapidité du décodage de séries de mots dits rapidement.
3 - Travail sur
la compréhension dans le bruit.
C'est le
décryptage des textes sur fond sonore ou sur textes dits à deux voix.
Dans un premier
temps, on essaye de décrypter une voix, dans un deuxième temps, il faut
essayer de décoder les deux textes dits à deux voix.
C'est un vrai
casse tête, c'est difficile ! Mais quand on y arrive, on se sent plus fort,
on est plus fort. On se bat !.. On ne subit pas sa mal audition d'une façon
amoindrissante.
J'ai pas mal
progressé, c'est une solution, on est là aujourd'hui pour se faire entendre,
pour inciter les O.R.L, les audioprothésistes, les orthophonistes à faire
plus encore pour les malentendants, pour les aider à rester en communication
avec le monde, avec la vie !…
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